12 décembre 2008

Oui, oui, docteur...

Nan mais faut quand même que je vous la raconte, la visite surréaliste chez le médecin.

Jeudi 9h30.

Le Pouitch, bien entendu, n’a pas toussé une fois pendant les 20 minutes d’attente, et, nonobstant son 38.6, il s’amuse à faire passer les billes de bois sur les multiples entortillements des fils de fer colorés.

« Tristan Grenouille ? »

Le Pouitch, n’attendant que ça, s’élance donc en direction du cabinet, où il sait que l’attend un autre boulier, plus petit mais tout aussi marrant.

« Alors, qu’est-ce qu’il a, ce petit monsieur ?

J’explique tout. Le docteur examine. Ne me donne pas de verdict. Je parle de ses oreilles qui avant nos vacances en France le faisaient souffrir. Lui parle du traitement l’homéopathique que prend Tristan et qui lui a permis de ne plus être malade depuis septembre.

- Vous lui donnez quoi, comme homéopathie, me demande le médecin ? »

Je ne sais plus les noms. Je suis l’ordonnance, bêtement et aveuglement.

« Non mais, je demandais comme ça, pour voir les noms de fous qu’ils avaient trouvé ce coup-ci !

Je passe. L’homéopathie, OK, c’est pas son truc.

- Vous savez, je ne crois pas à l’homéopathie. Je ne crois en rien, d’ailleurs, je ne crois pas non plus en la médecine moderne… »

Un peu plus tard, j’aborde la question des végétations, que le généraliste homéopathe nous a conseillé de faire enlever.

« Tt tt tt, me dit le médecin... vous savez, il y a un tas de raisons qui font que les enfants tombent souvent malade. On ne sait jamais. Les amygdalectomies, c’est pas rien, vous savez, ce n’est vraiment pas rien... ils peuvent mourir, hein ! Une opération, c’est dangereux, il y a des enfants qui y restent, au bloc, qui meurent d’hémorragies…
- Oui, bon, pour les amygdales on m’avait dit en effet que ce n’était pas conseillé de toute façon, mais là, il s’agissait uniquement des végétations…
- Oui, oh, tout ça, c’est pareil… c’est pas anodin, vous savez ! Ce n'est pas rien, il peut mourir ! »

Je ne me laisse pas alarmer, mais je vois bien que les végétations, ce n’est pas en Irlande qu’on va s’en occuper…

« Bon, mais enfin, là, alors, c’est une bronchite ?
- Alors ça tombe bien que vous vous intéressiez à l’homéopathie, parce que vous n’allez pas me supplier de lui donner des antibiotiques.
- Ben, non, si vous pensez qu’il n’en a pas besoin…
- Bah, c’est sûrement un virus… Les petits attrapent rarement des infections bactériennes à ce niveau-là… Mais allez, je vous en mets quand même, vu que le weekend arrive… Si ça s’empire vous pouvez lui en donner. Et ne traînez pas, hein, si vous sentez qu’il lui en faut, donnez lui-en. »

Me voilà bien avancée.

En sortant, je lui demande si je peux continuer à administrer à Tristan les divers sirops que je lui donnais jusque-là.

-Non, mais non, ne lui donnez rien, juste de quoi faire baisser la fièvre. Les enfants, on n’ a rien besoin de leur donner ! »

Je sors de chez le médecin, sceptique et confuse. Cet antibiotique, alors, je le donne ou je ne le donne pas ?

Résultat des courses, vendredi à 20h : antibio acheté, antibio à jeter.

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Commentaires

Je suis complètement passée à côté de ton post qui me rappelle tant de choses avec des médecins Irlandais que j'ai pu rencontrer. Je ne suis pas persuadée qu'ils soient tous aussi vielle école mais c'est certain qu'il doit y en avoir beaucoup vu le nombre de témoignages que j'ai entendu. Quand on pense au prix d'une consultation en Irlande, pour se faire entendre des raisonnements pareils, on se demande pourquoi on ne se fait pas nous même notre propre médecine à coup de google parfois.

Écrit par : So. | 18 décembre 2008

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