03 mars 2009
Perplexité
Alors moi y a un truc qu’il faut m’expliquer.
Comme vous l’aurez sans doute compris, le travaille dans un milieu où il peut y avoir beaucoup, beaucoup d’argent (oui je dis peux parce que bon, en ce moment, c’est pas forcément trop ça, hein) j’ai nommé le milieu des investissements.
Ah, oui, et puis je précise que moi, je ne gagne pas beaucoup d’argent. Mais je gagne plus que la collègue à ma droite. Et beaucoup moins que la collègue de derrière qui ne fout rien (à l’inverse de moi, n’est-ce pas) et qui s’en fout royalement de son taf (pasque moi, quand j’en ai, du boulot, ce qui m’arrive exceptionnellement, je ne m’en fous pas du tout, hein, je le fais très bien, sisi, je vous assure !) Bref. Tout ça pour dire qu’il n’y a aucune logique dans les salaires mais que certaines personnes dans cette boîte gagnent beaucoup, beaucoup d’argent.
On peut donc supposer que ce sont des personnes exceptionnelles à tout point de vue, n’est-ce pas ? Perspicaces, efficaces, intelligentes, réactives, positives, compréhensives…
Ce pour quoi je m’interroge parfois en recevant les courriels du service des Ressources humaines.
Régulièrement, les employés permanents (ceux qui ont prouvé leur perspicacité, leur efficacité, leur intelligence, leur réactivité, leur positivité et leur capacité à l’empathie) sont invités à une réunion spéciale, intitulée « comment remplir le formulaire de remboursement de soins médicaux de la mutuelle ».
Bon. Dans la mesure où à côté de Nom il faut écrire son nom et à côté de Numéro d’assuré il faut écrire son numéro d’assuré, j’aurais pas cru que c’était la mer à boire, mais bon, apparemment, malgré leurs 60 000 euros annuels certains sont un peu perdus.
Et puis ce matin, nous avons reçu un faire-part de clôture concernant la sandwicherie au pied de l’immeuble. Comme beaucoup de collègues ne quittent jamais l’enceinte de leurs tours en verre et vont être tout à fait largués désormais, les RH ont eu la gentillesse de nous compiler une liste (incomplète) de toutes sandwicheries dans un rayon de 300m autour du bâtiment où nous travaillons.
Evidemment, quand on est obnubilé par le cours de la bourse et le pourquoi de la virgule manquante, on ne peut pas risquer de se laisser distraire par la recherche d’un nouveau fournisseur alimentaire. Pour cela, il faudrait :
1) décider dans quelle direction marcher
2) analyser les façades des divers bâtiments que l’on croise pour savoir s’il s’agit de commerces ou d’habitations
3) analyser l’intérieur des commerces pour savoir s’ils vendent des sandwiches
4) juger de l’allure de la sandwicherie et décider si elle est digne de recevoir une fraction infime de son salaire en échange d’un bout de pain fourré au poulet.
C’est bien trop compliqué.
11:06 Publié dans La corporate life d'une Grenouille-Rosbif | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



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Commentaires
On dirait qu'ils ont pas beaucoup de boulot non plus dans les RH...
Écrit par : gingko | 03 mars 2009
Oui c'est ce que je me dis aussi ! Vu qu'ils ne recrutent plus, ce serait logique...
Écrit par : La Grenouille-Rosbif | 03 mars 2009
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