13 mai 2009

La suite pas prévue...

Alors je sais, j’avais promis de ne pas.

 

Oui mais Cracotte m’a inspirée.

 

Parce que Cracotte, enjointe par Gingko à poursuivre l’aventure des 100 choses divisées par quatre, s’est exécutée plus vite que moi.  Et alors que je pédalais dans la semoule, Cracotte m’a soufflé la ligne directrice qui allait animer mes 25 choses, troisième série. Celle que je vous avais promis de ne pas faire. Celle qui rendrait mon blog trop nombriliste. Tant pis, allez ! Soyons fous, je continue !

En fait, je vais tout simplement copier ce qu'a fait ma consoeur blogeuse. Cracotte vous a raconté sa tendre jeunesse. Moi je vous raconte ma vie. Celles qui veulent poursuivre l'aventure le peuvent, moi je n'ose plus taguer.

 

Alors c’est parti, et je vous préviens, c’est pas court, alors si vous voulez vous y reprendre à trois fois, ça ne me vexera pas. Et puis si vous ne voulez pas tout lire, ça me vexera un peu, mais je ne le saurai pas, en fait, alors libre à vous. Laissez juste un petit commentaire histoire que j’aie l’impression de vous avoir intéressés.

 

 

51) Je suis née le 9 novembre 1978, le cordon ombilical autour du cou, avec une bonne semaine de retard. Le coup du cordon ombilical est rentré dans les annales.

 

52) A 6 semaines, je pris l’avion pour la première fois pour me rendre au Nigéria, où mes parents vivaient à l’époque, et où mon Papounet chéri nous attendait avec une impatience non contenue (enfin j’imagine – iseu’nt it, Papounet ?). Je dormis tout le long du trajet dans un petit hamac.

 

53) En Afrique, j’avais beaucoup de mal à supporter la chaleur et je pleurais beaucoup. Le boyde mes parents, Adam, s’occupait de moi pendant que ma maman travaillait. C’était chouette. Enfin je suppose.

 

54) Encore aujourd’hui j’ai beaucoup de mal à supporter la chaleur. Comme quoi, c’est pas parce qu’on est tombé dedans quand on est petit qu’on s’y fait.

 

55) A 9 mois, je repris l’avion dans l’autre sens et nous avons élu domicile quelque part en Angleterre. J’oublie toujours où exactement. De cette époque lointaine j’ai une photo d’une petite fille de 18 mois aux boucles rousses, aux yeux bridés, souriante, à croquer. Dans les bras d’un ami de la famille – dont on ne voit qu’un bout de bras.

 

56) A 2 ans j’habitais à Badgers Cottage, Tuddenham St Martin, dans le Suffolk, en Grande Bretagne. C’est là que j’ai vécu jusqu’à mes 10 ans révolus. Mon tout premier souvenir remonte, si ma mémoire ne m’abuse, à un soir de mes 2 ans, où je regardais un feu brûler au loin dans le village par la porte vitrée du hall d’entrée. En fait, ça devait être le grand bonfire du 5 novembre, je devais donc être sur le point d’avoir trois ans.

 

57) A 4 ans, je me faisais disputer pour la première fois à l’école. Nous étions trois autour d’une petite table ronde, nous faisions des maths. L’une des deux autres filles a commencé à gribouiller sur le cahier de la seconde. La seconde a gribouillé sur le mien. Pour ne pas être en reste, j’ai suivi. La maîtresse nous a vues, nous a grondées, il a fallu tout gommer. Je n’étais pas fière.

 

58) J’ai appris à faire du vélo sans petites roues. Mon Papounet chéri tenait mon vélo par derrière. Un jour, en pédalant de toutes mes forces, j’aperçus mon papa campé à 5 m devant moi. Confusion, perplexité, affolement. Jusqu’à ce qu’il me dise « tu y arrives toute seule !!! » Fierté ! Sur ces entre-faits, je me viandai.

 

59) La deuxième fois que je me suis fait gronder à l’école, j’avais 6 ans. J’avais un crayon taillé des deux côtés. C’était interdit. Mon crayon faisait environ 4 cm de long. C’était trop court. La directrice, qui remplaçait ce jour la maîtresse, m’a attrapée. M’a dit d’aller chercher un autre crayon. Je suis allée à mon tiroir, toute tremblante, où je n’avais pas d’autre crayon. J’ai fait semblant d’en prendre un autre et suis repartie m’asseoir, encore plus tremblante. La directrice, de retour à son bureau, a tout capté. « Are you telling me porky-pies » ? m’a-t-elle demandé, le regard sévère. C’est là que j’ai appris l’expression « to tell porky pies ».

 

60) Depuis ce jour je déteste mentir. Je mens rarement, et lorsque je le fais, je m’en mords les doigts pendant des semaines. Mentir par omission ne me fait pas davantage plaisir.

 

61) A 8 ans, j’ai eu mon premier cochon d’Inde. Nous l’avons installé dans sa nouvelle maison, et une demi-heure plus tard, j’ai voulu de le sortir pour lui faire des câlins. Effrayé, il a sauté de sa cage avant qu’on ne puisse le retrouver. Il est parti dans les plates-bandes, est passé sous la barrière en bois blanc vers les plates-bandes du voisin où rôdait très certainement le chat. Nous ne l’avons plus jamais revu.

 

62) A 10 ans j’ai acheté mon tout premier 33 tours : Kylie. Je m’entraînais à écrire Kylie comme sur la pochette sur toutes les surfaces blanches que je trouvais. Dessus, il y avait « I should be so lucky » (lucky, lucky, lucky) et « Je ne sais pas pourquoi ». Sur la pochette de l’album Kylie avait de superbes boucles blondes qui formaient la partie bombante d’un grand chapeau noir. Je passais des heures à admirer son sourire, son teint mat et la courbe de ses yeux.

 

63) La troisième et dernière fois que je me suis fait disputer à l’école primaire, j’avais 10 ans. La clarinette dont j’essayais tant bien que mal de jouer (pour imiter ma copine Julia, qui n’avait pas le droit de jouer d’un instrument que je ne maîtrisais pas) avait été retrouvée dans le vestiaire. Je ne savais même pas que je l’y avais mise. J’ai été convoquée dans le bureau de la directrice, punition suprême. Après 5 minutes d’attente, jambes flageolantes, la directrice m’a fait entrer et m’a gentiment rendu l’instrument, me conseillant simplement de mettre mon nom dans la boîte de l’instrument. Quel soulagement ! Je ne la remercierai jamais assez de ne pas m’avoir grondée.

 

64) A 10 ans et demi, nous avons déménagé en France. Je vivais 1, rue Louis Blanc, à Firminy, dans la Loire. J’ai découvert qu’on ne disait pas bonjour aux gens qu’on croisait dans la rue et que le lait s’achetait dans une fromagerie. J’ai découvert que les garçons avaient le droit de parler aux filles et vice-versa. Et qu’on pouvait même être amis.

 

65) A 11 ans j’étais en sixième et je ne savais pas conjuguer. Je passais les cours d'anglais en permanence, à ’écrire un roman sur papier A4 grands carreaux vert et rose. Dans mon roman il y avait une fille, et un chemin de petit poucet tracé par des petits bouts de papier. Je ne m’en souviens pas davantage et je crois que je l'ai jeté.

 

66) A 12 ans, je m’obstinais à regarder Les années collège contre les protestations de mon frère qui me disait « trop petite ». Il ne savait pas que je lisais « Girl » en cachette. Pour prouver que j’étais déjà « une adolescente », je lus Le complexe du homard. Et trouvai ça débile.

 

67) A 13 ans, j’ai définitivement arrêté les cours d’anglais par correspondance que mon papa me payait depuis notre départ d’Angleterre. En théorie je devais y étudier Shakespeare, faire des commentaires de texte et des rédactions – mais les livres et les cahiers qui arrivaient par la poste se retrouvaient intouchés sur mes étagères. Je me suis excusée maintes fois auprès de mon Papounet chéri d’avoir ainsi provoqué un tel gâchis d’argent et de n’avoir pas été à la hauteur de ses espoirs éducatifs – il a beau m’avoir rassurée que ça n’était vraiment pas grave, je m’en voudrai toujours. Je crois que sur mon épitaphe on marquera : Elle n’a pas fait son Shakespeare.

 

68) A 13 ans, toujours obnubilée par l’image de Kylie aux belles boucles, je me fis faire une permanente.

On me fit un dégradé. Ce fut un désastre. Je ne ressemblais pas du tout à Kylie.

 

69) A 13 ans j’intégrais la troupe de comédie musicale de mon école. S’en suivirent 4 années d’épanouissement en chanson. En résulta une voix cassée à récupérer.

 

70) En seconde, j’ai eu une prof qui disais « deux au carrè ». Je ne l’oublierai jamais. J’ai aussi appris par mon prof de français, mort deux ans plus tard d’un infarctus dans son lit, que Hegel avait dit « l’arbre de la vérité est toujours vert, mais la vérité est toujours grise ». Enfin je crois. Je sais que j’ai écrit cette phrase sur mon classeur et que j’ai dessiné un arbre à côté.

 

71) En seconde, je me rendis à Nazareth pour jouer ma dernière saison de comédie musicale. Interviewée par les « journalistes » en herbe du lycée audiovisuel avec lequel nous faisions un échange, je ne trouvai rien de mieux à dire que « ben on est ravis d’être là, et je voudrais dire que, ben, au fond, on est tous pareil ! » C’est passé à la radio du lycée (au moins 25 auditeurs) et je me suis sentie conne.

 

72) A 17 ans je découvris le sens réel et profond de l’amitié. Je construisis des murs en pierre, fabriquai du mortier à l’ancienne, fit visiter à des touristes patients la maison de Marguerite d’Angoulême à Tusson en Charente, dormis à la belle étoile près d’un bon feu de bois dans les vapeurs de sangria, déchiffrai des menuets à la flûte accompagnés de deux violons et d’une guitare et apprit à chanter Mamie de Jacques Higelin.

 

73) A 18 ans je compris que tout votre système de valeurs peut s’effondrer quand vous passez de 14 de moyenne à 6 de moyenne. Et encore, c’est l’anglais qui vous rattrape.

 

74) A 18 ans j’ai appris que je n’avais aucun réel talent d’écrivain(e). J’avais écrit une petite histoire, 30 pages manuscrites, et je l’avais fait lire à la Grenouille. Qui l’avait fait lire à un copain. Qui ne se reconnaîtra sûrement pas, à moins que…? Qui avait trouvé ça nul. Ou fade. Ou ennuyeux, je ne sais plus. Bref, la Grenouille, qui sait encore moins que moi tenir un secret, m’a tout répété (bon j’ai dû un peu le cuisiner, sûrement). J’ai pris une grosse claque. Je n’ai plus jamais rien écrit. 15 ans de rêves partis en fumée.

 

75) A 19 ans, une copine m’a proposé de se faire une après-midi confitures. Je me suis dit que je n’étais vraiment pas prête à être une Femme.

 

 

 

A suivre…

 

 

Trackbacks

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Commentaires

J'ai tout lu !

Tu fais partie de ces filles dont j'aurais rêvé d'avoir la vie dis donc.
Par contre, moi les aprem confiture, j'aurais tout donné pour en avoir, j'avais aucun aprem, j'avais pas le droit de sortir :(

Ecrit par : Cracotte | 13 mai 2009

Tout lu aussi !
Même souvenir, pour le vélo : sans petites roues, trahison fourbe de mon père. Et viandage.
Belle constance, en tout cas ; bon courage pour les 25 derniers épisodes...

Ecrit par : Les Piles | 13 mai 2009

@Cracotte : pas le droit de sortir ? A 19 ans ? La vache ! :-( Dure la vie !

Ecrit par : La Grenouille-Rosbif | 13 mai 2009

Oui, c pour ça que je suis partie et que j'ai fait plein de bêtises ...

Ecrit par : Cracotte | 13 mai 2009

Hum... moralité : laissez sortir vos enfants, les amis ! Pauvre Cracotte ! Mais ça va, tu t'es bien rattrapée...

Ecrit par : La Grenouille-Rosbif | 13 mai 2009

Je trouve ca hyper bien, je crois que j'aurais pas autant de trucs intéressants a dire sur ma vie. C'est quand la suite ?

Ecrit par : Raphaele | 13 mai 2009

LOL, meuh si !
(La Grenouille Rosbif rougit de voir que tant de gens trouvent qu'elle a fait de sa petite vie un objet intéressant ;-))
La suite c'est quand Gingko lance la série 4. Mais je ne sais pas si ce sera la suite chronologique - ça deviendra sûrement beaucoup moins intéressant après ! (ou alors ça m'inspire moins)
Raphaele, et si je te taguais, justement ? On tente l'expérience ? (je note d'ailleurs que tu es la seule à avoir relevé mon tag maman - cela dit, j'avais oublié qu'Arthur était un peu trop petit...)

Ecrit par : La Grenouille-Rosbif | 14 mai 2009

Waouh ! Moi aussi, je suis impressionnée. Je savais pas que tu avais autant voyagé et à un si jeune âge.
Pour le coup du vélo, je fais aussi partie du club. A la différence près que mon beau-père poussait la feinte plus loin : il courait derrière moi pour me faire croire qu'il tenait le vélo, alors que non ! Faut dire que j'étais une grosse trouillarde.

Ecrit par : Gg | 14 mai 2009

Ah, ces papas !

Ecrit par : La Grenouille-Rosbif | 14 mai 2009

Nom d'un chien (bis)! (C'est Cracotte qui a hérité du premier "nom d'un chien"!)

d'ailleurs, c'est nul cette expression.. ça veut rien dire..

bref, bon ben, ma foi, je suis impressionnée.. tant de déboires, d'aventures, de chemin parcouru...

moi, je crois avoir découvert Kylie la vingtaine passée..
A 13 ans, c'étaient les nkotb..

Ecrit par : gingko | 14 mai 2009

Ouais mais Kylie était vachement plus connue en Angleterre pasqu'elle jouait dans la série Neighbours, série dont l'audimat a très probablement culminé lorsque Charlene (Kylie) a épousé Scott, joué par Jason Donovan. Par la suite lui aussi a lancé son album après qu'ils aient fait un 45 tours de duos. Kylie, toujours aussi belle, lumière jaune, boucles blondes, appuyée lascivement contre le torse de Jason, grand, blond, fort, amoureux pour toujours. Sur l'autre face il y avait "All I really want to do" (is make you so, so, happy). Ca a cartonné en GB.

Ecrit par : La Grenouille-Rosbif | 14 mai 2009

Moi, je sais même pas qui c'est, Kylie ! La honte... Car apparemment, tous tes autres lecteurs (lectrices...) la connaissent...

Tu connaissais déjà la Grenouille à 18 ans ? Je ne savais pas ! C'est beau, l'amour ;-)

Moi, je ne me souviens pas du vélo sans les petits roues, mais par contre, je me souviens bien des disputes à l'école, et une liste de "100 choses" ne suffirait pas pour les raconter ! Enfin j'exagère un peu, mais t'être fait disputer seulement 3 fois, je te félicite ! Et encore, la 3e fois, c'était même pas une vraie dispute.

Vivement la suite, ça m'amuse bien de lire tout ça !

Ecrit par : claire-gabrielle | 14 mai 2009

J'ai écouté Kylie lors de son retour, je devais avoir 24 ans !
Moi à 13 ans, c'était Phil Collins, ou de la dance style Haddaway, Ice MC, Real to Real ...

Pour le vélo, mon père tenait le vélo avec une corde, je ne comprends même pas comment je pouvais croire que ça me retiendrait en cas de chute ! De toute façon, après il a lâché la corde comme tous les pères !

Ecrit par : Cracotte | 14 mai 2009

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