31 août 2009

Folle journée

Ca me travaille, ce truc-là.

 

Cette nuit, j’ai rêvé que j’essayais de prendre ma tension. Je ne savais pas faire. Alors, pour finir, j’allais dans une pharmacie et je leur demandais de le faire pour moi. Le gars m’a dit “oui, bien sûr”, mais il s’est avéré qu’il ne savait pas faire non plus.

 

Donc j’ai pas pu prendre ma tension.

 

Aujourd’hui j’ai un peu mal à la tête.

 

J’ai gougeulé “hypertension” mais d’après ce que j’ai vu y a pas forcément de symptômes.

 

Donc de flippe.

 

A cause de l’autre sage-femme, là, qui fait de moi une hypochondriaque. En temps normal je ne suis pas une hypochondriaque. Mais là je commence à l’être. Surtout que l’une des assistantes maternelles de la crèche de mon Pouitch a fini sa grossesse à l’hosto. Pour cause d’hypertension.

 

Donc, je flippe.

 

Un peu.

 

La nuit.

 

Et quand j’ai mal à la tête.

 

Aujourd’hui j’écris des postes d’un intérêt transcendant et plein de sauts de ligne, et pour sûr, je vais m’attirer de nombreux nouveaux lecteurs.

 

 

Bref.

 

Je flippe.

 

Un peu.

 

Sniff sniff sniff

Et voilà, finie la belle vie : les parents sont partis. A moi de faire mes lessives. A moi de faire ma vaisselle. A moi la cuisine. Mais à moi aussi – youpi ! – les cérémonies du coucher ! Non pasque bon, ça a beau être barbant et tout et tout, le pyjama, la brosse à dents, tout ça, n’empêche que y a rien de tel que le câlin dans le lit tous les deux sous la couette, mon bras sur le ventre chaud d’un Pouitch ensommeillé et mes lèvres contre sa joue soyeuse.  

 

Mais bon, quand même : sniff, sniff.

 

 

‘Fin bon ; ça veut dire aussi que ceci est mon DERNIER LUNDI DE TOUTE MA VIE DANS CE BOULOT DE M***E !!!!!

 

C’est pas coolissime, ça ?

Hehe, comme on dit sur msn.

 

Bon, sinon, le Pouitch a fait son sac pour Cork. Il a mis tous ses jouets dans un sac en plastique (enfin, tout ce qui rentrait) et l’a accroché au troisième tiroir de la cuisine en expliquant qu’il préparait ses affaires pour aller dans la nouvelle maison.

 

J’ai dû lui faire remarquer qu’on partait pas tout de suite tout de suite.

 

Et il m’a ressorti son leitmotiv du moment : « I’m happy ».

 

Et comme d’hab, quand le Pouitch est happy, la maman aussi.

28 août 2009

Ben pas moi, et na !

Y a un gars qui part aujourd’hui, dans la rangée de bureaux à côté des nôtres.

Il a amené des gâteaux.

Pour tout l’étage.

Il les a mis dans la cuisine.

 

Ben moi, vendredi, quand je partirai, je ferai un seul gâteau pour l’équipe et les gens avec qui j’ai travaillé et basta.

 

 

Faut pas déconner non plus.

27 août 2009

La Grande peur de l'Audit

 

 

Argh.

 

Quelque fois ça m’énerve.

 

Quelque fois c’est ridicule.

 

Paraît que c’est la faute au grand méchant loup, le prédateur craint par tous, le juge absolu du bien et du mal, j’ai nommé…

 

 

…l'AUDIT.

 

 

Alors pour ceux qui ne sauraient pas ce que c’est qu’un audit, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas habitués au monde de l’entreprise (j’ai nommé les profs :-D), un audit c’est quand un gars en costard – voir deux, de préférence ; c’est plus intimidant – se ramène en te serrant la main, un gros dossier sous le bras, et te pose plein de questions. Il regarde l’achat du 13 mars 2006 et demande si tu as gardé le reçu. Et il coche une case. Et si tu l’as tamponné (il coche une autre case.) Et si tu as une base de données où sont consignées les achats (il prend des notes). Et si c’est normal que le reçu ait été photocopié et si non, pourquoi t’as pas gardé l’original (encore prise de notes). Et si tu as une base de données où tu consignes le fait que tel ou tel reçu a dû être photocopié parce que l’original n’est plus disponible et pourquoi (grattage de tête, changement de page dans le dossier, cochage de cases, prise de notes).

 

A la sortie de l’audit, le gentil monsieur en costume t’attribue une note et te dit ce qu’il faut améliorer. Il te dit si c’est suffisant ou pas. Et si contrevisite il doit y avoir. Un peu comme un contrôle technique automobile, quoi.

 

 

Nan, mais j’dis pas, c’est bien, les audits : ça évite que le PDG se casse avec la moitié de la tirelire et les ¾ du stock.

 

Sisisi, je reconnais.

 

Mais bon.

 

Des fois, c’est juste un chouilla exagéré.

 

Par exemple :

 

Dans la belle et grande entreprise où je ne travaillerai bientôt plus (youpi !), il existe un truc qu’on appelle des comptes pour mineur.

Dans l’intitulé du compte on a donc : « Papa Dupont et Maman Dupont pour Bébé Dupont ».

 

Alors l’intitulé du compte, vous croyez peut-être que c’est anodin, mais il n’en est rien. Ce sont les fondations d’un compte. Si on change l’intitulé, le compte s’écroule.

 

Donc moi, hier, j’ai une dame qui m’appelle, qui me dit que, pour des raisons de séparation maritale et de suivi du courrier trop compliquées à expliquer, le courrier n’arrive pas au bon endroit et qu’il faudrait si on le veut bien changer l’ordre dans lequel monsieur et madame sont inscrits dans l’intitulé.

 

Héhé.

 

Ca vous paraît simple, à vous, hein ?

 

Ouais mais c’est sans compter les auditeurs.

 

Parce que tout ce qu’on fait, on le fait pour l’Ennemi en costard.

 

Donc. Si on fait un copier-coller, le compte va subitement changer. Et le monsieur en noir il va dire « pourquoi ? Comment ? Selon quelle procédure ? Avec quelles justifications adminstratives ? »

 

C’est ainsi que, pour prendre madame et la placer devant monsieur, il faut :

- une lettre signée des deux parents, envoyée par la poste, s’il vous plaît, car il faut la version originale de la signature ;

- la photocopie des cartes d’identité des deux parents ;

- un extrait de naissance de Junior.

 

Avec tout ça, on ouvrira un nouveau compte et on transférera toutes les parts de Junior sur ce nouveau compte, avec un nouvel intitulé, car on ne change pas l’emplacement des briques dans la fondation de la maison une fois que celle-ci a été érigée. N’est-ce pas ?

 

Alors moi j’voudrais pas dire mais je trouve ça un peu compliqué.

 

'Fin bon, moi, ce que j’en dis, hein…

 

De toute façon, dans 6 jours ouvrables, j’me casse.

 

Nan mais.

 

 

26 août 2009

Les grands projets

Dans 7 jours ouvrables – oui, oui, sept jours, soit une semaine et demie de temps reel – youpi !!! J’en aurai fini de ce boulot idiot et serai libre comme une montgolfière l’air, une véritable SAHM comme qu’on dit ici, c'est-à-dire une Stay At Home Mum qui comme sa fonction l’indique, « reste à la maison ».

 

Ici c’est quand même vachement courant.

 

Enfin je crois.

 

En tout cas c’est courant sur magicmum.ie.

 

M’enfin ça c’est normal pasque c’est les femmes qui ont un peu le temps de glander dans la journée.

 

A la différence des femmes qui travaillent à plein temps.

 

A quelques exceptions près.

 

‘fin bref.

 

 

Donc, pour mon avenir de SAHM épanouie et heureuse, je fais plein de projets, que je vous expose ici aujourd’hui.

 

 

Premièrement :

 

J’ai 30 ans. Je vais avoir 2 enfants. Or, à 30 ans, il est impensable de ne pas savoir tenir une maison.

 

Donc…

 

Pour commencer je vais apprendre à tenir une maison PROPRE.

 

Propre, et bien sûr rangée.

 

Rangée, ça veut dire que quand tu sors un truc pour l’utiliser et que t’as fini, tu ne le remets pas à côté de toi sur le canapé en te disant que tu vas le ranger plus tard, quand tu te lèveras. Non, non, tu te lèves TOUT DE SUITE et tu le remets TOUT DE SUITE à sa place. Compris ?

 

C’est comme ça qu’on fait, non ?

 

‘fin j’demande, remarque, parce que moi j’ai jamais su. Si j’ai fini d’utiliser un truc, je le pose, voilà tout. Je ne me complique pas la vie. Franchement, je trouve ça enquiquinant au possible de devoir se bouger toutes les deux secondes pour ranger les trucs à la minute.

 

Ouais mais je sais bien : après le Pouitch m’appelle et je me lève - sans le truc - et je me rends compte que j’ai pas rentré le linge et voilà ce qui arrive. Le truc reste à sa place. Ou plutôt, pas à sa place. Sur le canap', quoi.

 

Je vais donc apprendre à ranger les trucs AVANT de rentrer le linge.

 

Sisi.

 

 

Secondement :

  

Je vais utiliser les 4kg de farine que je semble avoir dans mon placard (et qui ne sont pas périmés ! Mais tout va bien, la farine non plus ça ne se périme pas ! Enfin un peu quand même, au bout d'un moment. Bref.) Et les haricots rouges. Et la gélatine si j’arrive à la retirer de la poubelle.

 

 

(Vous croyez ?)

 

 

 

En bref : je vais reprendre la cuisine ! Youpi ! On va enfin manger de vrais plats et pas de pâtes au pesto en alternance avec des baked beans-saucisse ! A nous les endives au jambon, le tian de courgettes épinards et la quiche aux poireaux ! A nous les lasagnes ! Yeah ! 

 

Troisièmement : je vais faire le repassage au fur et à mesure qu’il s’accumule.

 

Quatrièmement (sais pas si vous avez remarqué comment on va du plus au moins crédible, là…) : je vais chiner de vieux meubles pourris et les retaper parce qu’il nous manque plein de trucs dans la nouvelle maison.

 

Cinquièmement : je vais fréquenter les toddler groups (groupes de rencontres maman-enfant, très courants dans les pays anglophones) et coffee mornings régulièrement afin de rencontrer d’autres dames pas uniquement françaises et travailler mon intégration parfaite à la société Eirienne.

 

Sixièmement : suis un peu en panne... Ca reviendra. Peut-être.

 

Ah, oui ! (Hem hem). Je vais ressortir ma Singer et me mettre à la couture.

 

 

(Ouais allez, on y croit, sur ce, il est temps de vous quitter parce que vraiment ça devient du grand n’importe quoi, là…)

Les cadavres dans le placard

Ce qu’il y a de bien dans les déménagements, c’est qu’on est amené à faire du tri.

 

Ce qu’il y a de regrettable quand on ne fait pas ses cartons soi-même, c’est que si on ne s’y prend pas à l’avance pour son tri, on loupe le coche, et on se retrouve avec dix mille choses dont on ne veut pas mais qui ont été gentiment transportées d’un lieu d’habitation à l’autre.

 

C’est ce qui nous est arrivé à Dublin, et c’est ce qui ne nous arrivera pas cette fois. Non parce qu’on fait nos cartons nous-mêmes – non, non, nous nous payons le luxe de gentils emballeurs qui nous faciliteront la tâche – mais parce que pour le tri, madame (et monsieur, si jamais un mâle ou deux rôdent par là), eh bien je m’y prends à l’avance !

 

 

Hier, c’était donc au tour des placards dans la cuisine.

 

 

Ce fut, comment dire… instructif.

 

 

Je vous ai dit que je ne cuisinais plus ? Eh ben ça se voit.

 

Parce que dans mon placard rempli jusqu’aux charnières, j’ai trouvé :

 

 

- un vieux paquet de figues durcies, date de péremption : ??? Pas sur le paquet ( ???) mais achetées en France et certainement importées depuis notre expatriation, donc très vraisemblablement quelque part en 2007.

- deux boîtes de maïzena, toutes les deux entamées (cherchez pas), don d’un ami très cher allergique au gluten, de retour de vacances avec de la maïzena plein le coffre. Don généreux certes, mais quasi inutilisé. Date de péremption : mars 2007.

- de la gélatine. Trois feuilles dans un paquet entamé, un autre paquet de 9 jamais ouvert. Date de péremption : juin 2007 et octobre 2007.

- des amandes effilées : deux barquettes, jamais entamées, date de péremption : décembre 2007

- des amandes en poudre, sachet ouvert, date de péremption, juillet 2007.

- trois feuilles de lasagnes dans une boîte en carton, date de péremption : décembre 2006 !

- un autre paquet de lasagnes jamais entamé, date de péremption : mars 2007.

- du sucre vanillé, date de péremption : OH !!!! 2009 !!!! Février.

 

 

Etc.

 

Bref, pour résumer tout ça, voyez-vous une année qui revient souvent dans les dates de péremption ? Non ? 2007, peut-être ?

Ce qui veut dire que la majorité de ce qui est dans mon placard (enfin était, parce qu’on s’en doutera, la poubelle a bien mangé hier soir) avait été acheté en 2006 ou 2007, puis déménagé deux fois.

 

 

Le truc, maintenant, c’est qu’il faut que je décide de ce qui est vraiment périssable.

 

Pasque, les lasagnes : ça se périme vraiment ???

 

Alors je sais qu’il y a des gens qui jettent dès la date dépassée, et que ceux-là je vais les choquer, mais moi je ne jette pas systématiquement à la date de péremption (vous l’aurez constaté.) Par exemple, je mange régulièrement des yaourts périmés depuis 3 semaines et ils sont frais comme au premier jour.

 

Mais alors.

 

Les lasagnes.

 

Ca se périme pas, les pâtes, si ?

 

Oui, mais enfin, 2006…

 

2006, quoi.

 

Hm.

 

Et le sucre vanillé, et la poudre levante, et la levure de boulanger, et les amandes ?

 

Les amandes, ça rançit, OK, adjugé.

 

La poudre levante risque de ne plus lever.

 

La levure de boulanger, encore pire.

 

Mais la maïzena ?

 

Bref, comme vous le voyez, je suis face à un dilemme cornélien comme je les aime, et je compte sur votre aide – et celle de ma môman chérie, qui est encore là et me fait ma vaisselle ma lessive mon repassage mon ménage ma bouffe, merci maman !!! – pour le résoudre.

 

 

 

 

Et puis je vais commencer un liste de bonnes résolutions pour ma nouvelle vie.

 

La première sera :

 

1) Cuisiner.

 

25 août 2009

Cork - ou comment distinguer le vrai du faux

CorkCountycrest.png- C’est marrant, me dit la Grenouille - sur un ton qui me dit qu’il n’est pas trop sûr de trouver ça vraiment « marrant » - chaque fois que je parle de Cork à un Irlandais, j’obtiens invariablement la même réaction : « Ah, Cork ! Hihihi ! Tu vas voir, les gens là-bas sont… particuliers ! ».

 

- Ah bon ? lui réponds-je, personne ne m’a dit ça, à moi... C’est bizarre !

 

Nous sommes en route pour la crèche, où nous devons récupérer le Pouitch avant de partir pour un weekend de recherche de logement dans notre nouvelle ville d’accueil. C’est le début d’une nouvelle aventure et nos têtes bourdonnent de questions auxquelles nous aurons bientôt les réponses ; mais pour l’instant, c’est le Grand Inconnu.

 

Je repense aux gens à qui j’ai parlé de cette ville, et je m’aperçois que les Irlandais à qui j’ai eu affaire sont justement tous corkois. Ce qui peut expliquer cela.

 

 

- Et, euh… en quoi ils sont bizarres ? demandé-je à la Grenouille, mais malheureusement celui-ci n’en sait pas davantage.

 

 

Nous arrivons à la crèche, et annonçons à la fille que notre Poulet ne sera pas des leurs le lendemain.

 

 

- Nous partons ce soir sur Cork, explique la Grenouille.

 

- Ah ! Cork… dit la fille. Amusez-vous bien ! Vous serez bien à Cork !

 

- Tant mieux, dis-je, rassurée, on l’espère, en tout cas !

 

- Oui, poursuit-elle, et puis vous verrez, les gens là-bas… ils sont… spéciaux !

 

...

 

 

 

 

Alors depuis, j’ai un peu compris ce que les corkois avaient de si « particulier » :

 

Sur Facebook on trouve un groupe intitulé : Let's give Dublin back to the British and make Cork the capital (« rendons Dublin aux anglais et faisons de Cork la capitale »).

 

Le site de la People’s Republic of Cork  vend des t-shirts rouges ornés de photos du Che et de Lenin, et explique – sur un ton que j’espère pas tout à fait sérieux – que les Corkois (faut-il dire Corkois en français ou Corkoniens ?) sont « les gens les plus intelligents d’Irlande. Si vous ne le croyez pas, regardez les résultats au Leaving Cert [Bac irlandais]. Si vous êtes surpris, votre étonnement nous surprend. Nous sommes corkois, bien sûr que nous sommes les meilleurs ! Tous ces QI exceptionnellement élevés, nés et éduqués dans le Comté rebelle se trouvent dilués au contact de celui de l’Irlandais moyen, à l’intelligence bien plus médiocre. »

 

 

Et de fait, la ville de Cork a un surnom bien connu, celui de « Vraie capitale ». D’aucuns apparemment (si j’en crois mes récentes excursions sur la toile des forums) se fourrent le doigt dans l’œil en pensant fièrement que c’était jadis la capitale historique, mais non, non, il n’en est rien : Dublin fut et sera toujours la capitale de l’île émeraude aux nuages noirs et blancs.

 

 

Mais « Real Capital » au cœur du « Rebel County », Cork a en effet en 1491 vu l’un de ses braves citoyens (qui, le veut la légende, était en fait français, mais chut !) marcher sur Londres dans le but de renverser et de faire sien le trône du roi Henri VII.

 

 

[Hélas pour lui, le gars en question s’est fait chouiker la tête, mais ça c’est une autre histoire.]

 

 

Par ailleurs, si vous avez eu l'occasion de voir Le vent se lève de Ken Loach (en V.O bien sûr -personne ne regarde Ken Loach en V.F... Ou bien ?) (alors en fait moi j'ai pas vu celui-là mais j’me suis bien documentée, merci Google ;-)), vous aurez vu un exemple de la façon dont le comté de Cork s’est montré particulièrement résistant à la pression anglaise pendant la guerre d’indépendance.

 

Voilà pourquoi Cork est la "vraie" capitale - au lieu de se prostituer au premier Anglais venu, Cork a fièrement tenu tête a l'ennemi pour défendre la Patrie bec et ongle, prouvant où se situait le véritable centre émotionnel du pays.

 

 

J’ai mentionné à la Grenouille que finalement, on n’était pas loin de son Ardèche chérie avec son Front de Libération d’Ardèche du Nord si cher aux étudiants de notre temps* et son fier statut de Première ville libre de France ; sais pas s’il a trop apprécié…

 

 

*J'ai malheureusement chercheé le "F.L.A.N." sur Internet, y compris sur Facebook, mais n'ai rein trouvé - mais où sont les ardeurs d'antan ? N'était-ce que du flan ? (Ouais, ouais, je sais, arrêtez, ça me gêne, je sais pas, je dois avoir un don pour les jeux de mots... que voulez vous, c'est pas donné à tout le monde...)

 

La Grenouille-Rosbif communique - ou essaie...

Quelque fois je crois que je m’essprime pas clairement.

 

Je viens d’avoir une conversation surnaturelle avec le gars de la poste, qui doit livrer, on l’espère, le modem pour la nouvelle maison, afin que la Grenouille puisse passer ses longues soirées de célibataire à s’éclater avec sa guilde si celle-ci ne l’a pas déà viré à rechercher assidûment des informations pour la traduction que nous aurions du rendre il y a un mois (et dont je vous parlerai peut-être bientôt. Ou pas.)

 

Ca ressemblait un peu à ça :

 

Moi : Bonjour, je voudrais savoir où nous en sommes concernant la livraison d’un colis que vous deviez re-livrer à une nouvelle adresse de livraison.

Le mec : Eh bien, si on a reçu l’adresse il a dû être livré.

Moi : Ah bon, il aura certainement été livré, là, si c’est aujourd’hui ? Ca ne peut pas être et après-midi?

Le mec : si vous ne l’avez pas reçu, on n’a pas du recevoir la nouvelle adresse.

Moi : non mais je ne sais pas, mon mari a posté le carton jeudi, peut-être qu’il est prévu que vous livriez aujourd’hui. Vous pourriez me le confirmer ?

Le mec : si y avait personne à l’adresse de livraison on aura laissé un carton.

 

 

Déjà l’autre jour j’ai eu la même avec une fille du Social welfare, l’organisme qui doit me payer mes indemnités de conge mat’.

 

Il leur fallait 15 000 infos sur mes emplois en France, infos que pour la plupart je leur avais déjà données. Et puis ils voulaient des renseignements qui ne me concernaient pas.

 

Bref, j’ai appelé pour savoir ce qu’ils voulaient savoir exactement.

 

Moi : je voudrais savoir quelles informations il vous manque au juste.

La fille : ben si je vous ai envoyé les feuilles c’est qu’il devait me manquer des informations.

Peut-être votre numéro de sécu ? Le nom de vos derniers employeurs, votre adresse ?

Moi : je vous ai tout mis en détail.

Elle : Ben malheureusement j’ai pas votre dossier sous les yeux, mais il devait me manquer quelque chose.

Moi : Oui mais vous pouvez pas me dire quoi ?

Elle : non je ne sais pas, remplissez au mieux.

Moi : oui mais alors justement, vous demandez par exemple l’adresse de la CPAM locale, mais moi je ne passais pas par la CPAM, j’étais indépendante et mes remboursements me venaient de la RAM. Est-ce qu’il vous faut quand même l’adresse de la CPAM ?

Elle : ben on demande cette info pour la transmettre aux organismes partenaires.

Moi : oui mais moi je n’avais rien à voir avec la CPAM.

Elle : ben en principe on demande le nom de la CPAM mais si vous n’aviez rien à voir avec la CPAM…

Moi :…

Elle :…

Moi :… du coup vous ne voulez pas l’adresse, juste celle de la RAM ?

Elle : ben en principe on demande le nom de la CPAM mais si vous n’aviez rien à voir avec la CPAM…

Moi : oui et puis vous voulez mes fiches de paie, mais lesquelles ? TOUTES ? La dernière ? Et puis comme j’étais indépendante aussi, c’est pas représentatif de mon revenu ; il vous faut quoi ?

Elle : ben on demande ça parce qu’on transmet les infos à l’organisme partenaire…

 

 

Conclusion : les dialogues de sourd, c’est ma spécialité. Je crois que je vais m’inscrire à un cours du soir de Communication limpide, pasque manifestement, c’est pas ça.

 

A moins que ce ne soit pas moi, le problème ?

24 août 2009

"Tout est bon", dit la sage-femme...

« Tout est bon, me dit la sage-femme. C’est très bien. Je vais juste regarder votre ventre.

 

La sage-femme me tâte le ventre. Ecoute le cœur. Tagada, tagada, tagada, tagada.

 

- Pas de maux de tête ?

 

- Non, non.

 

- OK. C’est bien. Vous pouvez retourner voir le médecin dans 15 jours s’il y a quoique ce soit.

 

(Je ne comprends pas trop. Je dois retourner chez le médecin dans 15 jours ? S’il y a quoique ce soit je dois attendre 15 jours ? Hm. No comprendo. Bref. Et pis pourquoi y aurait-il « quelque chose » ? La dernière fois que je suis allée voir la généraliste, elle m’a dit « mais vous êtes en avance ! » Donc j’y retournerai pas. Sauf s’il y a quoique ce soit, bien sûr.

 

Mais pourquoi diable y aurait-il quoique ce soit ?)

 

- Il faut juste surveiller vos urines un tout petit peu parce que vous avez une petite trace de protéines dedans.

 

Ah. Nous y voilà.

  

- Ah ????? Et, euh… c’est pas bien, ça ?

 

- C’est juste une chose qu’on va surveiller.

 

-… ????!!!????

 

- Disons que c’est l’un des signes de la prééclampsie

 

- Euh…

 

Je mentirais si je disais que je n’ai jamais entendu ce mot barbare, mais franchement, keine Ahnung de ce que ça signifie.

 

- Et alors, euh... Kézako ?

- Ca se manifeste par une hypertension artérielle, des œdèmes notamment au niveau des pieds et des mains, une baisse de l’acuité visuelle et surtout des maux de tête. C’est pour ça que je vous demandais si vous aviez des maux de tête.

 

- Ah OK, ben non…

 

- Non mais voilà, vous n’avez aucun autre symptôme, et puis dans vos urines le reste est parfait, il n’y a pas d’infection.

 

[Ouais ben encore heureux !!!!!!!]

 

- D’accord.

 

- Mais enfin il faut surveiller... C'est bon ?

 

- Oui oui… »

 

 

 

Bref, maintenant que j’ai gougueulé prééclampsie dans deux langues, je sais de quoi je vais pouvoir rêver cette nuit…

 

Petit flic en devenir

« Mummy! dit le Pouitch, why are you speaking to Mamie Fanchon with your mouth full ?

 

Nous sommes à table, le Pouitch, ses grands-parents et moi-même, et je discute avec ma môman. J’avoue que je ne fais pas très attention à mes gestes, et il est possible que, sans avoir vraiment la bouche pleine, je m’exprime sans attendre d’avoir avalé la totalité de ma cuillérée de muesli.

 

-Yes, you’re right, I shouldn’t, dis-je à mon fils, contente de voir que comme d'habitude il connaît les bonnes manières bien avant que j'aie pris la peine de les lui enseigner.

 

Mais le Pouitch n’a pas fini de me faire la morale :

 

- Do I do that at crèche? poursuit-il, d'un air interrogateur, paumes tournées vers le plafond. Do I? No. So why are you doing it now ?

 

Je m’incline devant l'autorité de mon fils, et me promets de ne plus jamais parler la bouche pleine.

 

Je poursuis ma conversation avec ma mère.

 

Deux minutes plus tard je me fais de nouveau apostropher :

 

- Mummy, why are you doing that again ?!!! »

 

Va décidément falloir que je me surveille de près parce que je constate que la police des mœurs ne me lâchera pas, surtout tant que je récidive.

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