28 novembre 2009

Météo du jour

Je vois déjà les foules se précipiter sur cette note lorsqu'ils la verront indiquées parmi les "dernières notes mises à jour" sur d'autres blogs Hautetfort ou sur le portail de la plateforme...

 

Bref.

 

A Cork, à 9h05 de samedi 28 novembre 2009, si l'on en croit Google météo (pasqu'on n'a pas de thermomètre, hein, alors on se fie à ce qui s'affiche sur notre page d'accueil personnalisée), il fait 1 degré celcius (fichtre, je ne trouve point le caractère "degré" sur mon clavier), et le taux d'humidité dans l'air est de...

 

... tenez-vous bien...

 

...

 

...

 

100%.

 

Eh oué...

 

...fait pas super sec en Irlande...

 

[même si la mémé d'à côté m'a fait remarquer hier, en naviguant parmi les flaques d'eau, que "luckily it's nice and dry today". Ma foi, faut bien se consoler comme on peut...]

[Hier le taux d'humidité n'était que de 93%.]

[Moi j'étais sur le point de lui dire que, oui, en effet, il ne faisait pas trop froid, mais qu'il faisait sacrément humide...]

[Ca n'est pas la première fois que j'ai une conversation surnaturelle de ce style, mais je ne retrouve pas le billet où je pensais avoir relaté un épisode similaire avec le voisin bûcheron de Dublin... Tant pis.]

27 novembre 2009

Diphtongues et autres euh... spirantes ?

" Quick quick ! dit le Pouitch, à sa petite copine, come heRRRRe, I can see something behind the dooRR!

- Help! The train's falling dèèèèèoune!"

C'est là que je me rends compte que, comme son tonton Jim, le Pouitch est un caméléon linguistique. Avec sa copine Roisin, irlandaise de chez irlandaise (avec tout ce que cela comporte de diphtongues écartelées), il met des r à la fin de ses mots. Avec moi, il parle comme le Prince Charles. Sacré Pouitch.

J'espère quand même qu'il se tiendra à un seul accent à l'avenir, parce que nom d'un chien, c'est une histoire d'identité, ça ! Il faut savoir qui l'on est, et l'assumer, hein, quoi !

Dure tâche pour un Pouitch franco-anglais expatrié au pays des "pobs"...

26 novembre 2009

36 semaines et des poussières, alleluia

sablier.jpgC'est officiel : j'en ai marre.

La balance monte, monte, monte, et j'ai encore 4 semaines à tirer. Normal, me direz-vous, le bb grossit, je fabrique encore du liquide, peut-être encore du sang, je prépare mon lait... Mais bon. N'empêche. Si je continue j'aurai pris encore plus à cette grossesse qu'à la précédente. Même plus envie de faire gaffe à ce que je mange. Bref.

Et puis je suis un éléphant. Un sac à patates. Une baleine. Un gros truc, quoi, qui se meut avec une extrême difficulté, qui met 10 minutes à faire 10m (oui, bon, ça va, j'exagère un peu), un truc qui ne peux plus, mais plus du tout aller faire du shopping en ville.

Et puis je suis fatiguée. Je dors 11h mais je suis quand même fatiguée.

Et puis j'ai des pieds dans mes côtes, en permanence maintenant.

Et je gémis quand je me retourne dans mon lit la nuit, je suis trop encombrante.

 

C'est officiel : je suis dans le 9è mois, la dernière ligne droite. Je suis prête.

Mon sac est prêt ; le sac du bébé est prêt. J'attends.

Pourtant, si j'accouchais demain, à 36 semaines, mon bébé serait encore prématuré. Donc lui, il n'est pas prêt ; j'ai peine à le croire.

De toute façon, il doit attendre le 19 décembre pour arriver, car il ne doit pas venir au monde avant que ses grands-parents n'aient mis les pieds sur le sol irlandais.

Donc : j'attends. Péniblement. Impatiemment.

 

Grosse baleine échouée sur la plage, j'attends. Et j'attends. Et j'attends.

 

25 novembre 2009

Le français est une langue difficile

Mummy, dit le Pouitch, en cherchant dans la bibliothèque, can you find me some sumtroufes ?

What, some Schtroumpfs, dis-je ?

- Yes, some Sumtroufes ! Some Smurfs !"

 

C'est officiel, le Pouitch est un grand garçon, un grand garçon qui lit des bandes dessinées, lovées dans le canapé avec son papa.

CIMG4986.JPG

P.S. Edit : je précise pour les lecteurs tardifs que la Grenouille n'est pas devenue irlandaise et ne se promène pas en survêtement ; il faisait son devoir de mari (la vaisselle) et de père (la lecture) avant d'aller jouer au badminton. D'où l'accoutrement sportif. Voilà voilà.

24 novembre 2009

Halleluja

Donc, avant que je ne ferme par inadvertance l'onglet Hautetfort de mon navigateur Firefox, je vous parlais de musique.

Je vous disais que je trouvais étonnant que l'on considère souvent qu'un dessinateur de bande dessinée de qualité ne faisait que rarement un bon scénariste, alors qu'on dénigrait au contraire un chanteur qui ne signait pas ses propres compositions.

 

En tout cas, on ne peut pas dire qu'un bon compositeur est forcément un bon chanteur. Ou plutôt : ça n'est pas parce qu'on pond un chef d'oeuvre que l'on sait l'interpréter.

Attention, je ne prétends pas que Leonard Cohen soit un piètre chanteur : Suzanne et Marianne m'émeuveront toujours, et je verrai toujours Jeanne d'Arc sur son cheval entourée de son armée quand j'écoute Joan of Arc. Donc, sans avoir une voix extraordinaire, ce monsieur sait tout à fait interpréter certaines de ses oeuvres.

Non, je dis juste que sur Halleluja, il s'est un peu planté. Bon, OK, je n'ai pas trouvé la version originale ; la plus vieille que j'aie réussi à trouver c'est celle-ci : perso je ne trouve pas qu'il ait l'air super emballé... Pour couronner le tout il chante faux (sisi, écoutez "the minor fall the major lift" - c'est faux ! juste un tout petit peut faux mais pas tout à fait juste. Et perso, ça me gêne. Bref.)

 

J'ai découvert cette chanson ce matin. Enfin, pas découvert dans le sens où je l'entendais pour la première fois, mais plutôt dans le sens où je l'écoutais pour la première fois. Et, comme je n'avais que ça à faire, j'ai un peu fouillé sur youtube et j'en ai trouvé moulte autres versions.

On dit d'un livre que les 5 premières pages sont les plus importantes, d'une dissertation que l'introduction en est la pièce maîtresse - et bien la première montée de gamme de cette chanson est la clé de voûte de la suite.

Or, désolée, mais quand j'entends la platitude de la version de Cohen himself, je pleure.

Quant à Cheryl Crow, on se demande à quoi elle pense en chantant, parce qu'à part son apparente course contre la montre, elle ne semble pas être concentrée sur grand chose. En tout cas pas sur le sens des mots qu'elle chante.

Jon Bon Jovi s'en sort plutôt bien au début, mais je trouve qu'il en fait un peu trop au fur et à mesure qu'il avance dans le texte.

La version que je préfère par dessus toutes (en tout cas, celles que j'ai écoutées ce matin, car il y en a des dizaines), c'est celle, hélas non enregistrée, si j'en crois les commentaires sur youtube (faut-il croire les commentaires sur youtube ?), de Damien Rice (dont les compositions traînent parfois en longueur, mais dont les interprétations sont exquises) : ici, on a tout : la simplicité imposée par la version d'origine - pas de larmoyance, la fermeté fragile de la montée initiale, et l'émotion tenace mais discrète.

(oui, on peut dire qu'à un moment il en fait un peu beaucoup dans l'effet voix cassée et il dérape aussi un chouilla sur une note, mais j'ai l'impresson qu'il était ému... non ?)

Bon, OK, je ne ferais pas une bonne critique musicale, mais écoutez quand même la version de ce cher Damien, et dites-moi ce que vous en pensez.

Moi je pleure chaque fois que je l'entends...

 

(et ouais, ouais, la fin, il la bousille un peu aussi, mais rhô, tout le monde ne peut pas être parfait, hein ! Moi j'aime Damien, nan mais !)

 

 

(ou alors si ça vous fait pas cet effet-là, ça doit être les hormones)...

 

Allez, et on se refait un petit coup de The Blower's Daughter, je suis en mode Rice today... Et puis 9 crimes, aussi, hein, ne l'oublions pas. Allez, avec et sans Lisa.

21 novembre 2009

Les mots du matin

Valve tricuspide. Valve tricuspide valve tricuspide valve tricuspide.

Rupture de l'aorte, anévrisme, cancer métastatique de stade 3.

Docteur Mamour.

Valve tricuspide.

 

Ce sont les mots qui me tournent dans la tête au réveil (et qui m'ont obsédée toute la nuit).

 

Faut que j'arrête les séries médicales.

20 novembre 2009

La relativité selon le Pouitch

"Some people have no eyes, me dit le Pouitch, alors que nous roulons vers le mother and toddler group.

- Well, confirmé-je, everybody has eyes - well, nearly everybody, at least - but some people's eyes dont work. That's true. Do you know what you call people whose eyes don't work?

- Doggies ! me répond-il, sans attendre.

 

Je ne réagis pas tout de suite, car je cherche désespérément à comprendre dans ma petite tête comment mon fils a pu arriver à établir dans son esprit un rapport quelconque entre la cécité et les chiens. Evidemment, posée comme ça, la réponse paraît évidente, et même si je mets quelques secondes à la trouver, je suis rassurée de voir qu'il y a effectivement une certaine logique dans le raisonnement du chérubin.

Je rebondis donc le plus promptement possible sur le malentendu, en rappelant qu'en effet, il y a quelques jours, nous avons croisé deux personnes avec des chiens et que j'ai expliqué à ce petit monsieur que ces chiens étaient des animaux de compagnie bien particuliers, puisque leurs maîtres ne pouvaient pas voir et que ces gros toutous câlins leur servaient de guide.

- But the word for people who can't see is blind, my darling, conclué-je, not doggie... certainly not doggie !

Je décide de poursuivre le cours par un élargissement thématique vers les autres formes de handicap sensoriel.

- And some people's ears don't work, expliqué-je, and they are called deaf people.

- And some people don't have feet, poursuit le Pouitch, and they can't walk!

- Indeed, dis-je, some people have no feet when they come out of their mummy's tummy, and other's lose their feet because they've had an accident. Then they have a wheelchair and when they drive, they park their cars in those spaces that we often see, you know, the spaces for disabled people with a picture of a wheelchair.

Le Pouitch connaît bien les places handicapées, et ne manque jamais de me rappeler que nous n'avons pas le droit de nous y garer car nous ne sommes pas disabled.

- And Mummy, poursuit le Pouitch, some people have no car. And some people have no supermarket, and some people have no train.

- Um, yes, that's true, acquiesé-je", en décidant qu'il est peut-être temps de clore cette conversation - car je crois qu'il va être assez compliqué d'expliquer à ce monsieur qu'on ne peut pas vraiment mettre au même niveau le fait de ne pas être équipé d'un Thomas à piles et celui d'être paraplégique.

 

Que la vie est simple quand on a trois ans...

 

 

Me suis fait avoir !!!

Comme une bleue que j'me suis faite avoir, comme qui dirait.

J'ai acheté, au Tesco, une belle boîte orangée et dorée de Honey nut corn flakes.

Les mots Honey nut sont en gros, les mots corn flakes un peu moins.

Au milieu de la photo, un énoooooorme bol de flocons de maïs dorés et croustillants, dans un bain frais de lait.

En arrière plan, sur la droite flou, un énoooooorme pichet de lait.

Au premier plan, adouci par un autre effet de flou, un joli pot de verre rempli de miel, qui déverse ses reflets d'or sur le bois de la table.

Deux, trois autres petites tâches vaguement brunes sur la gauche et sur la droite, tout aussi floues, auxquelles on ne prête aucune attention.

J'ai vu le doux orangé et le jaune d'or et le miel et la douceur et j'ai  saisi le paquet en me léchant les babines - d'autant qu'il était en tête de gondole alors forcément, quoi - en pensant d'avance à la délectation de manger des corn flakes sucrées au miel.

 

Puis un matin, j'en ai mis dans un bol.

Et j'ai goûté.

Et j'ai compris le mot nut.

 

Ouais pasque, bon, le mot nut, il y est bien sur le paquet, en grosse police et tout et tout, mais il est en dessous du mot Honey et n'a pas de majuscule, et comme il est plus court il paraît plus petit. Un tout petit mot de trois lettres qui somme toute n'a eu d'autre effet sur le psychisme de la Grenouille-Rosbif consommatrice que de rajouter un peu de croustillant à l'idée qui se formait déjà dans sa cervelle, à la vue du paquet, de la saveur craquante et mielleuse des gros flocons dorés.

Ouais mais bon ; le mot nut, au départ, il a un sens, quand même.

Et quand on regarde de près sur la photo, on observe que quelques petits morceaux d'une teinte plus pâlent s'éparpillent çà et là entre les gros flocons jaunes et le lait plus blanc que blanc.

Et quand on regarde d'encore plus près, on s'aperçoit que les tâches un peu plus sombres et tout aussi floues que le reste du flou représentent en fait des cosses d'arachide ouvertes et les jolies cacahuètes brunes qu'ils renfermaient. (un arachide? la flemme de vérifier dans le dico)

Et quand on lit le descriptif du produit sur le bord du paquet, on lit : "Golden toasted flakes of corn coated with brown sugar, peanuts and honey, fortified with vitamins and iron."

 

Donc... si vous aimez les snickers au petit déj., eh bien, les Honey nut corn flakes de Tesco sont le produit idéal pour vous.

Par contre, si vous vouliez juste des corn flakes au miel, vous aurez plus vite fait d'acheter des corn flakes et d'y ajouter du miel.

 

Humpf.

 

P.S. Je vous aurais bien pris une magnifique photo dudit paquet sauf que j'ai paumé momentanément égaré l'appareil photo. Vous devrez donc vous contenter de ça :

tesco-honey-nut-cornflakes.jpg

 

19 novembre 2009

Ah, les bonnes senteurs de la nostalgie et du bonheur à venir...

Aujourd'hui, votre G-R dévouée a fait gouzi gouzi et a changé une couche.

Enfin, elle a commencé à changer la couche, mais quand elle a commencé à  retirer le petit body de ce tout petit corps, elle s'est aperçue que la couche avait un peu débordé et que...

 

...bref, la Grenouille-Rosbif s'est amplement lavée les mains et a mis du savon sur le bout de la manche de son t-shirt, qui lui semblait tout à fait propre après... mais depuis, malgré tout, cette odeur âcre et acide quelque peu oubliée semble flotter partout dans l'air...

 

et bien que ce ne soit, en tout objectivité, pas la meilleure odeur de la terre...

 

...la Grenouille-Rosbif adore ça.

 

C'est grave, docteur ?

 

 

(Bon, par contre, elle s'est rendu compte qu'il y avait pas mal de choses à rajouter à sa liste de fournitures : nettoyant pour tapis à langer, lingettes en quantité gigantesque, notamment... et a révisé les principes de base du changement de couche : toujours prévoir une serviette sur le matelas à langer, commencer par remonter le pyjama le plus haut possible avant de s'attaquer au body afin de ne pas contaminer le premier si le second est souillé, prévoir un espace protégé pour poser, le cas échéant, les habits souillés et un autre pour mettre les habits propres afin de ne pas, dans un moment de panique, poser le sale à côté du propre et devoir refaire un trajet à l'armoire avec un bébé gigotant et à moitié nu, tenu en équilibre sur l'avant bras... Ah, les joies de la maternité...)

18 novembre 2009

De l'incompréhensible psychologie du garçon de quatre ans

Mettez deux enfants de quatre ans environ dans une même pièce. Expliquez-leur qu'ils sont là pour jouer ensemble, en leur rappelant qu'ils sont amis.

Soyez sûrs qu'au cours de l'après-midi, l'un d'entre eux pleurera, l'autre se fâchera, et les deux viendront à maintes reprises se plaindre de l'autre à leur maman.

Car l'un d'entre eux filera tout droit vers le chemin de fer et les innombrables locomotives et construira en deux temps trois mouvements un parcours sophistiqué et un train digne des plus grands transports de fret.

L'autre tentera désespérément d'amener son ami vers les Légo.

L'un refusera à l'autre de toucher le moindre petit morceau de locomotive tant qu'il n'a pas terminé de mettre son plan en oeuvre. Plan qui, si on en croit l'expérience, n'est pas encore pleinement déterminé et prendra tout l'après-midi à réaliser.

L'autre proposera la lecture d'une histoire mais l'un refusera et insistera pour jouer au train.

L'autre demandera de jouer à un jeu, un vrai jeu avec des règles, mais l'un, ne comprenant rien aux jeux avec règles, boycottera le tout en voulant s'en approprier toutes les pièces puis retournera joyeusement à son train lorsque l'autre aura perdu patience.

L'un refusera de prêter la moindre locomotive ou le moindre wagon bien que le train ne lui appartienne pas et qu'il y a 15 000 autres jouets très chouettes dans la pièce.

L'autre viendra pleurer dans les jupes de sa maman.

L'un et l'autre se sépareront en fin d'après-midi en se faisant d'euphoriques gestes de la main et en promettant de se revoir le lendemain.

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