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19 septembre 2010

Petits trucs et machins culturels

La Birthday Party est à 13h, à l'aire de jeux intérieure de Ballincollig.

Je dis "OK", puis je m'interroge : faut-il manger avant ?

Après tout, les Irlandais font peut-être manger leurs enfants de bonne heure, mais dans les pubs, le Sunday Roast n'est servi qu'à partir de 13h. Il ne s'agit donc peut-être pas d'un goûter d'anniversaire à proprement parler, alors.

J'envoie un sms à la maman du copain.

"Yes, me répond-elle, lunch is included in da bday package. See ye later!"

OK, alors on ne déjeune pas avant de partir ; effectivement, ce sera plus simple au niveau planning, parce que manger à midi pile un dimanche, c'est pas gagné. Surtout quand la Grenouille a décrété qu'on mangeait de la moussaka.

 

En route pour Ballincollig, la Pouitchenette rend son yaourt, la seule chose qu'elle ait avalé de la journée avec le lait maternel. C'est la deuxième fois en trois jours, ça commence à faire, ce truc-là.

Pour couronner le tout, je suis paumée. 

J'appelle la maman du copain, qui me passe le papa du copain, qui me dit qu'il faut reprendre l'autoroute, et la quitter à la sortie suivante ; sauf que comme on est en Irlande, qui dit sortie d'autoroute ne dit pas forcément entrée d'autoroute (et vice versa), alors je suis obligée de repartir en direction du centre ville pour faire le tour du rond-point derrière moi (oui, sur les voies rapides il y a des rond-points) pour reprendre la voie express, dépasser le point où je me trouve actuellement, et prendre la sortie suivante, celle que j'aurais dû prendre si j'avais bien lu la carte (enfin, si la Grenouille avait bien lu la carte, mais ne médisons pas).

Soit.

Les indications sur le site ouèbe de l'indoor playground disent qu'en quittant la voie rapide, on tombe sur un rond-point, et qu'il faut prendre à gauche. Je comprends vite qu'il fallait en fait tourner à droite au premier rond-point, puis aller tout droit au second, et prendre à gauche au troisième rond-point. 

C'est logique, c'est l'Irlande. 

Le lunch de la Birthday Party est servi à 14h45. Bien entendu, rien n'est prévu pour les parents, mais je me rends compte qu'aller m'acheter une assiette de frites pour moi toute seule, c'est pas top. Finalement, pour le Pouitch, ça ne change rien, lui qui, à la pause de midi à l'école n'a le temps de manger qu'un cracker et du fromage, vu que de toute façon, tous les petits irlandais remangent un repas chaud en rentrant chez eux vers 14h - 14h30.

 

J'ai appris aujourd'hui que, comme la météo et la médecine, la cartographie et le rythme alimentaire, c'est culturel.

11 septembre 2010

Petit cours de médecine irlandaise

"Alors? me demande la Grenouille, alors que je rentre de chez le médecin avec le Pouitch. C'est quoi ?

- Antibiotiques ! réponds-je (on pourrait pas mettre "répondé-je", non? pasque franchement, "réponds-je", c'est trèèès moche. Ou alors peut-être simplement : "je réponds". Hum. A méditer.)

- Oui mais c'est quoi, insiste la Grenouille ; qu'est-ce qu'il a ?"

Je sais bien que je n'ai pas répondu à la question, mais à vrai dire, je n'ai pas vraiment davantage de réponse à apporter.

Forcément, les Français, qui aiment le Savoir, la Rigueur et le Vocabulaire, mettent un nom aux maladies. Allez chez le médecin en France, vous ressortez en sachant que vous avez une rhinite, une rhino-pharyngite, une laryngite, une pharyngite, ou encore une double otite. Ou bien, si vous n'avez pas de chance, une simple angine. Notons qu'elle peut être blanche ou rouge selon les circonstances.

Chez l'Irlangois, de nature beaucoup moins poétique, mais aussi plus bordélique flegmatique et pragmatique que le François, les maux du quotidien (et notamment de la petite enfance) se découpent en quatre groupes.

Cold - Throat infection - Chest infection - Ear infection.

Sans oublier le tout-puissant Virus (comprendre : pas mal de trucs qui vont pas de tous les côtés).

Donc quand vous sortez de chez le médecin, en général, vous avez eu la confirmation de l'endroit où ça faisait mal, mais vous n'avez pas moyen de gougueuler votre pathologie pour juger de l'adéquation du traitement préconisé. Ce qui, entre nous, n'est peut-être pas plus mal, faut faire confiance à son médecin, quoi, non ? (Euh...) Par contre, le jour où on vous demande si vous êtes sujet aux angines, ben vous êtes mal barrés, parce que vous n'en savez rien. Ca fait rien, dites oui, ça bouffe pas de pain.

Le plus souvent on vous dit donc "it's a virus", et on ne vous donne rien, ou alors une ordonnance pour des antibiotiques à prendre en fonction de l'évolution de la situation : en principe ça devrait passer, mais si ça ne passait pas, prenez ça ; si ça passe pas tout seul, ben c'était pas un virus.

Notons par ailleurs, que même si vous repartez avec une ordonnance à prendre quoiqu'il en soit, il y a des chances que celle-ci soit modulable : 5ml de sirop pendant 7 jours (7, notez bien, pas 8; au pays des trèfles, les semaines font 7 jours), trois fois par jour, sauf si votre mal est totalement parti au bout de 5 jours, dans quel cas vous pouvez arrêter le traitement.

Mais ne rabat-on pas les oreilles du pauvre patient français à coups de "n'arrêtez SURTOUT pas le traitement avant la fin des 8 jours, même si vous avez le sentiment d'aller mieux" ?

Ben oui. Que voulez-vous que j'vous dise, ma pov' dame ? La posologie, c'est comme la météo : c'est culturel.

 

Warm, isn't it?

Voilà ce que m'a dit le médecin ce matin, quand il est venu nous chercher, le Pouitch et moi, dans la salle d'attente de son cabinet.

J'ai dû avoir une lueur de panique dans les yeux parce qu'il a eu l'air gêné, et puis il a répété l'affirmation sans point d'interrogation. "I find it's pretty warm."

Le truc, c'est que quand on me dit ça, je ne sais jamais quoi dire.

Parce qu'en Irlande, "warm", c'est quand même vachement relatif.

Effectivement, ce matin, quand on a passé la porte, le Pouitch et moi, je me suis fait la réflexion que c'était pas la peine de prendre mon gilet, parce que le soleil tapait bien fort. M'enfin, le temps qu'on sorte de la voiture, le soleil s'était caché et, avec le vent, il devait faire 16 degrés celsius. Par contre, dans la salle d'attente, oui, il faisait chaud.

Alors, oui, j'ai eu un moment de doute, quand le médecin m'a dit "warm, isn't it?", et effectivement, mon cerveau phatique s'est un peu emballé. Pas compliqué de répondre à cette question, en principe, mais là...?

Remarquez, en ce temps de pluies et de vent automnal, une maman a remarqué hier, pas loin de mes petites oreilles ébahies, que forcément, à l'école on avait droit au short, vu comme il faisait chaud au mois de septembre. 

Bon.

Encore une fois, je constate que la météo, ben, ma foi, c'est culturel.

04 juillet 2010

Le festival médiéval

Le festival médiéval irlandais accueille les animations suivantes, sauf une. Saurez-vous dire laquelle ?

- Des Vikings

- Des Romains

- Des tranchées de S.S. (et les officiers nazi qui vont avec)

- Des stands de lunettes de soleil

- Des stands de ballons Dora l'exploratrice

- Des stands de vêtements "ethniques" pour enfants

- Un chiropracteur

- Un stand d'animaux domestiques

- Des stands de hot-dog

- Des stands de burgers

- Des stands de muffins au chocolat glaçage bonbons

- Des stands de chocolats

- Des châteaux gonflables

- Des manèges

- Des ânes

- Des chevaliers

- Des chevaux et une arène pour tournois

- Des tentes de paysans abritant des marmites de navets

- Un maréchal ferrand

- Une fileuse de laine

- Un crémier qui bat du beurre

- Des bijoutiers

- Des stands de nourriture médiévale

 

27 mai 2010

Will you sponsor me ?

Ding, dong !

Déjà la nounou ? Entre celles qui me posent des lapins et celles qui débarquent avec une heure d'avance, j'ai de quoi faire mon choix, dites donc !

Mais non, ce n'est pas la nounou. C'est un petit garçon.

 

Il a cinq ans. Dans une main, une pochette plastique pleine de sous. Dans l'autre, un papier et un stylo.

"Will you sponsor me? me demande-t-il, d'une petite voix timide.

- What for? lui demandé-je.

Manifestement, il ne sait pas.

- This, dit-il, et il me tend sa feuille A4 pleine de signatures. Ce n'est pas une pétition contre la peine de mort en Ethiopie, c'est une feuille de sponsoring.

C'est écrit en gaélique, sur la feuille. Je cherche désespérément des yeux le moindre mot en anglais qui puisse me donner quelque indice sur la destination de cette collecte de fonds.

Ah, enfin, là ! Entre qdaelhjuil y nuib yere niebh et rec buyg yéat btvytu béaradh, c'est marqué : 2-mile walk for an electronic whiteboard.

Ce qui, en somme, veut dire que : ce petit garçon va marcher 2 miles et moi, je dois lui donner des sous pour l'encourager. Pas question de s'acheter des barres de céréales avec mes sous, par contre ; le petit bonhomme devra tout donner à la maîtresse (la liste de noms et de montants donnés l'empêchera de piquer dans la caisse). Ensuite, son école - la Gaelscoil*, me dit-il (je le savais, c'était écrit sur son t-shirt, mais j'avais envie de le faire parler ce petit) va pouvoir mettre tout cet argent au profit d'une cause noble : participation à l'achat des uniformes des enfants les plus pauvres, achat de petites graines pour planter des acacias sur le terrain vague derrière l'école et reboiser le pays, ou encore... ah, mince, j'avais oublié, c'est rien de tout ça : avec mon argent l'école va investir dans un tableau blanc électronique.

Ouais. Vachement noble, la cause. C'est triste d'être une école de bourges, on ne sait plus pour quoi faire la quête.

Personnellement, je me fiche royalement de savoir si la gaelscoil peut avoir son tableau blanc ou non, mais je suis de bonne humeur, et un élan de générosité s'empare de moi. Et puis, il me fait pitié, ce petit blondinet qui ne sait même pas pourquoi il récolte de l'argent ; il est bien courageux de venir faire du porte à porte tout seul.

Je trouve un euro dans mon porte-feuille, et je rajoute mon nom à la liste des généreux donateurs. Je suis la moins généreuse de tous, puisque, à vue de nez, les autres ont tous donné 2 ou 3 euros. Faut pas déconner non plus, hein.

- Eh ben, tu en as eu de la chance de trouver tous ces gens pour te sponsoriser, lui dis-je ; je suis l'avant dernière sur la demie page.

- Ouais, mais j'ai encore tout ça à faire !" me dit-il, en retournant la feuille, pour laisser apparaître 25 lignes supplémentaires, vides.

Je commence à lui dire qu'il n'est pas non plus obligé de tout remplir, mais il est déjà parti chez la voisine.

 

Franchement : le tableau blanc électronique de la Gaelscoil. Je suis bonne poire, quand même.

 

* Les gaelscoils sont des écoles archi irlandaises, où la principale (unique ?) langue d'enseignement est le gaélique. Enfin, "l'irlandais", comme on dit ici.

22 mai 2010

Eté !

Les Grenouilles, et les Corkois en général, ont sorti les manches courtes.

Les Grenouilles, et les Corkois en général, ont mis la crème solaire. Ca sentait la méditerrannée en plein moins d'août.

Les Grenouilles, et les Corkois aussi, ont sorti les lunettes de soleil.

Les Grenouilles, ainsi que la plupart des Corkois, ont mangé en terrasse. Les Grenouilles étaient à l'ombre, et c'était très agréable.

Les Grenouilles ont eu trop chaud.

 

Il a fait 23 degrés !!!!

27 avril 2010

Ye

"If you go out into the garden, close the door after ye", dit la maman d'Eoghan (prononcer : Owen).

Le voilà, ce "ye" ! Je ne l'avais rencontré que sur les forums, maintenant je l'entends en vrai.

Ye.

Comme dans le vieux chant de Noël "O come all ye faithful" ; comme dans Shakespeare, peut-être ?

En tout cas, en Anglais d'Angleterre, (standard, disons; dans le Yorkshire je ne jurerais de rien), "ye" a des résonnances particulièrement anciennes et celui qui l'utiliserait se ferait regarder de travers.

Ici, "ye" veux dire "vous", deuxième personne du pluriel.

J'adore les Irlandais.

04 mars 2010

Les petits mots de l'Irlande, suite.

Si je voulais continuer, je vous parlerais aussi de "grand".

"Do you need help? demande l'Irlandais poli à la dame chargée de paquets.

- I'm grand, thanks", répond la dame.

 

Ou de "very good".

"If you need anything at all, just give me a shout", dit la voisine aimable à la vieille dame handicapée.

"Oh you're very good", dit la dame.

 

Ou encore de "feck".

"Oh, feck!" dit la mère de famille en faisant tomber sa tartine sur le sol impeccable de sa cuisine.

 

Là pour l'instant, j'ai rien d'autre en tête, et mon thé m'attend. Mais je garde mes petites oreilles ouvertes [on me souffle dans l'oreillette que "garder les oreilles ouvertes" n'est pas français. Feck it, zut, et mince. Faich. Bref.] au cas où j'entendrais d'autres petites idiosynchrasies irlandaises, et promis juré craché, je vous les relaie.

 

So...

Je vous avais déjà parlé du double bye-bye des Irlandais pour clore une conversation téléphonique ("byyyye! *aigu, enthousiaste*... bye-bye *grave, expéditif*), maintenant, il faut que je vous parle de "so".

Le "so" est au corkois ce le "then" est au britannique. Un petit mot, adverbe à ses heures, servant essentiellement à marquer une résolution.

"I'll call you tomorrow, then", dit l'anglois, après avoir convenu d'un rendez-vous téléphonique.

"I'll call you tomorrow, so", dit le corkois. Et peut-être le Dub - mais je ne l'ai jamais remarqué.

"Will you come and play at our house, so?" demande la mère de Roisin au Pouitch.

 

Ou bien une conclusion.

"- What's he going to do, so?

- He'll have to take a taxi, so."

 

Mais le Corkois emploi aussi ce double phonème pour interpeler son interlocuteur et l'engager à l'action.

"Shall I take that, so?" dit la caissière, qui attend que vous lui tendiez votre achat. "That's 150 euro, so".

 

Pour une Anglaise, c'est bizarre. C'est dérangeant. Jusqu'à ce qu'on s'y habitue.

Je m'y habitue.

Faut croire que je commence à m'intégrer, so.

20 février 2010

Ca y est...

...on a changé de fournisseur Internet.

 

Et comme on aime bien persévérer dan nos conneries donner une deuxième chance aux gens, on les a repris, eux.

Mis à part le prix qui diffère entre l'offre en ligne et la confirmation email (paraît que y avait un astérisque...), pour l'instant, on n'a pas à se plaindre. Ils en feraient même un peu trop : avec trois appels en deux jours pour confirmer le rendez-vous (un robot, une vendeuse, le technicien), on risquait pas d'oublier qu'ils venaient.

 

'fin bon, là ça marche, alors touchons du bois.

Pour fêter ça, je vais continuer de mettre à jour l'album Pouitchenette, en espérant qu'avec nos 5 méga ça ira super super vite !!

(J'ai déjà commencé à rajouter des photos, avis aux impatient(e)s.)