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10 février 2011

Je peux vous poser une question ?

Allez, avouez, vous avez eu, là, à l'instant, ce petit picotement d'excitation dans les narines, quand vous avez lu le titre.

Vous vous êtes dit : ah ? une question ? avec une telle introduction ? qu'est-ce donc que ça va être ? une question personnelle ? une question archi-personnelle ? une question gênante ? un potin ? dis, dis, dis, c'est quoi, ta question ?

Nan mais vous excitez pas comme ça, hein, j'ai pas de question à vous poser, moi.

C'est juste un titre.

Le titre d'une note de blog sur l'excitation fébrile qu'on ressent quand on vous demande si on peut vous poser une question.

Enfin, que je ressens.

Nan pasque c'est vrai, je pars toujours du principe que mon ressenti = ton ressenti, hein, mais c'est peut-être juste mon côté égocentrique qui ressort, c'est sûr.

Évidemment, moi je sais pas ce que vous ressentez quand on vous demande si on peut vous poser une question. Si ça se trouve, z'êtes pas tarés comme moi et vous ressentez pas du tout de picotement dans le nez. Si ça se trouve, vous vous dites juste : "ben, oui, bien sûr, aboule !".

Eh ben zut. Moi, quand on me dit "je peux vous poser une question ?" j'ai une pluie d'électrons qui se bousculent contre mon front et descendent le long de mon arête du nez. Ou le long de l'arête de mon nez, je sais pas. Ou rien du tout, parce que franchement, c'est moche, comme image, et c'est pas avec ça que je vais remporter le prix Goncourt. En plus je suis même pas sûre qu'arête ça prenne un accent circonflexe.

Bref.

 

Donc, quand le Tout Nouveau m'a dit "Hey !" sur Spark - ouais, Spark, c'est comme msn, sauf que c'est pas msn - c'est Spark.

Donc quand le Tout Nouveau m'a dit "Hey !", je me suis dit : quoi ? Le Tout Nouveau me pose une question ? Le nouveau ne sait après tout pas que je suis relativement nouvelle moi aussi vu que toute personne d'une ancienneté supérieure à la vôtre dans une boîte est toujours considérée comme ancienne de votre point de vue.

"Coucou", réponds-je au tout nouveau, et je vois le petit symbole du crayon qui trace des pointillés dans une bulle apparaître à côté de son nom.

Ca veut dire qu'il est en train d'écrire. Suspense ! Mais qu'est-il en train d'écrire ? De laquelle de mes lumières a-t-il besoin ? De quelle information pense-t-il que je dispose, dont les autres ne disposent pas, afin qu'il ait à me poser une question pareil ? Veut il me demander combien je gagne, comme quand mon premier voisin nouveau en même temps que moi m'a posé la question ? Ca c'est une question personnelle ! Mais si je lui dis combien je gagne, il va me dire combien il gagne, et on aura échangé des infos hyper-confidentielles, et là c'est sûr que les électrons dans mon cerveau vont picoter vert - parce que quand ils s'excitent, je suis sûre qu'ils picotent vert. 

Je rassemble mes Connaissances, prête à libéralement lui en dispenser quelques unes.

 

Le Tout Nouveau : Tu as toujours besoin d'un exemple d'email de confirmation ? Tiens, j'en ai un, là.

Moi : Ah oui, cool, merci ! :)

Le Tout Nouveau vous propose de partager un fichier.

Accepter  Refuser.


Ben mince alors, c'est tout comme sur msn. Je savais pas qu'on pouvait faire ça sur Spark. Le Tout Nouveau est en train de m'apprendre des trucs.

Le fichier charge. C'est un page HTML qui s'ouvre donc dans mon Firefox. Elle ressemble à rien.

Ca a pas tout à fait marché, son truc, au nouveau.

 

Le Tout Nouveau vous propose de partager un fichier.

Accepter  Refuser.


Encore ? Keskifait ? Il a vu que ça marchait pas trop, son truc. Il retente l'affaire.

J'accepte.

C'est un drôle de dossier compressé avec plein de trucs et de machins dedans. 

Ca marche pas trop, son truc, au Tout Nouveau.

 

Le Tout Nouveau : Alors tu décompresses le zip dans le même dossier que le fichier précédent et tu le glisses dessus.

Moi : Ah ouais, c'est teschnik, comme truc !

Le Tout-Nouveau : Besoin d'assistance ? (au cas où vous auriez pas suivi, c'est un private joke. Ben ouais, pasqu'on fait du support technique)

Moi : Ouah, trop cool, ça marche nickel, ton truc !

 

Le Tout Nouveau m'a appris un truc.

 

C'est encore pas aujourd'hui que je deviens le Modèle de Savoir et de Connaissance du service clients.

30 janvier 2011

Groumpf

J'ai déjà dit que j'aimais pas qu'on ne réponde pas à mes questions, ni qu'on me prenne pour une conne.

D'où : groumpf.

Donc dans le service de service clients où je travaille, comme on reçoit 30 fois par jour la même question, on a des modèles d'email sur lequels on calque nos réponses, qu'on adapte ensuite au client. Mais chacun fait ses propres modèles, ce qui est quand même plus personnel.

Tout à l'heure, en constatant l'échec du paiement d'une cliente, je tombe sur une erreur de type 23.

L'erreur 23, ça va, je sais ce que c'est et je sais ce qu'il faut faire, je suis même allée vérifier ça dans mes notes, mais je ne sais pas exactement quel est le nom allemand de la case qu'il faut cocher - ni même exactement comment formuler en allemand la chose qui se passe quand on coche la case en question. 

Donc, je fais au plus simple, je demande à mon voisin s'il a déjà un modèle d'email, lui, pour l'erreur 23.

OK, je vous l'accorde, j'aurais pu faire encore plus direct et lui dire "comment tu dis en allemand 'autorisation de bla bli bla" ? mais bon, je voulais tout le tralalala autour, alors je lui demande, question somme toute relativement claire, limpide, et sans équivoque :

"Dis, tu as un modèle pour l'erreur 23?

- Ca dit quoi ? me demande mon voisin le Nihiliste, qui se tord le cou pour essayer de voir l'historique de paiement de la cliente sur mon écran.

- Nan mais c'est bon, je voulais juste savoir si t'avais un modèle pour l'erreur 23 ?

- Mais ça dit quoi? Lis-moi ce que ça dit! poursuit le Nihiliste, paternaliste de surcroît.

- Nan mais peu importe, je sais ce que c'est et ce qu'il faut faire- 

- Ca dit quoi?

- Ca dit "absence d'autorisation", ça veut dire que-

- Ouais ben tu lui dis simplement qu'on sait pas et qu'il faut contacter-

- Nan mais c'est bon, je sais ce que c'est que l'erreur 23 et ce qu'il faut faire, du coup j'ai même un pas d'avance sur toi. Je voulais juste savoir SI T'AVAIS UN MODELE ?

- Non.

- Bon ben tant pis, c'est bon, je me débrouille, merci."

 

Ca devrait pourtant pas être si compliqué d'avoir une réponse à la question :

T'as un modèle pour l'erreur 23 ?

Ben si, apparemment.

27 janvier 2011

I'm not a control freak (am I?)

J'ai essayé, pourtant. Essayé d'organiser un truc. 

Ouais mais voilà, moi, au départ, suis pas une grosse organisatrice.

Les repas de classe? C'était pas moi.

Les cadeaux d'anniversaire ? C'était pas moi.

Les exposés? Ah, si, ça, c'était moi, mais ça, c'est académique. C'est pas pareil.

L'anniversaire du Pouitch ? Ah oui, ça aussi, c'était moi, mais et d'une, c'était pour la vachement bonne cause, au moins en théorie, et de deux, c'était pas franchement une réussite. Enfin, sur un plan purement organisationnel, c'était pas mal non plus.

Enfin n'empêche : l'organisation et moi, d'habitude, ça fait pas deux, mais ça fait 1.6.

 

Au boulot on fait un truc, on appelle ça des Potluck.

Le principe est tout simple : chacun doit amener un truc à manger, de sa propre fabrication de préférence (mais si vraiment il est flemmard il peut l'acheter).

Dans quelques semaines, on fait un Potluck concours avec des équipes par pays.

C'est là que ça se complique un peu parce que bon, la Grenouille-Rosbif, elle doit choisir son camp. 

Fin bon, c'est pas critique, hein, et puis la Grenouille-Rosbif n'est pas patriote. Comme les français sont légion dans la Boîte et que les anglophones ne le sont pas, ben je me suis dit qu'on pouvait faire une équipe anglophone.  J'ai donc envoyé un mail aux Irlandais/bilingues pour proposer la chose, vu qu'aucune équipe ne s'était encore formée officiellement.

J'ai eu plein de réponses positives. 

J'ai oublié deux bilingues. Oups, pardon les copines.

Dans le lot, y a la cheffe de la Grenouille, alias la Control Freak. Control Freak, en Englishe, pour ceux et ceusses qui le sauraient pas, ça veut dire, littéralement : un fou du contrôle. Concrètement, quelqu'un qui a besoin de tout contrôler, tout le temps.

C'est la Control Freak qui a rajouté les deux bilingues et copiant tout le groupe, bien sûr.

Quand tout le monde a eu répondu (oui, cette forme est correcte, ça s'appelle un passé surcomposé et si vous ne la connaissez pas, sortez le dimanche), je me suis demandé qui allait conclure.

Allez, je me dis, c'est mon mail, c'est moi qui ai commencé. Si c'est moi qui conclue, ça veut dire que c'est moi qui organise. Suis-je capable de faire ça?

Allez, soyons fous, que je me dis.

A moins que je ne me sois dit, soyons folles. Sais plus. J'ai pas dû savoir sur le coup, non plus.

Bon enfin, le fait est que je me suis dit : ouais, Organise, lâche-toi, fais preuve de Leadership!

 

J'ai répondu. 

J'ai dit "ouais, super les gars, c'est trop top cool, merci ! Reste à décider ce que qu'on va cuisiner, et comment on va s'y prendre. Mais bon, on a le temps!"

 

Fatale erreur.

"Mais bon, on a le temps", ça montre que ça commence déjà à me faire chier et que j'ai pas tellement envie de prendre les choses en main.

La CF l'a senti. Et hop! En 5 minutes chrono, v'la-t-y pas qu'elle a repris le flambeau en envoyant une demande de réunion générale (sur Outlook, s'il-vous-plaît) pour deux heures plus tard, histoire de prévoir ce qu'on va cuisiner et comment.

Me suis fait piquer mon projet, et mon Leadership.

M'en fous. 

L'Organisation, c'est pas pour moi. Et le Leadership, je crois, non plus.

07 janvier 2011

La fête de Noël

"On ne s'est pas rencontrés" me dit le Nouveau Boss.

Je reste un peu bouchée bée. Pas trop bouche bée, parce que bon, quand même, il faut se comporter en dame devant le Big Boss, mais quand même, il y a un moment de silence. Parce que oui, effectivement, on ne s'est pas vraiment rencontrés, mais moi je sais qui il est, ce bonhomme qui, effectivement, ne s'adresse pas tellement à nous quand il nous voit dans la cuisine, et qui m'a à peine dit bonjour quand je l'ai croisé l'autre jour sur le chemin des toilettes. Donc, si, on s'est rencontrés, mec, mais t'as jamais daigné m'adresser la parole, malotru! Et pourtant tu viens d'aussi bas que moi, puisque tu as, paraît-il, commence comme petit agent de service clients.

 

Les fêtes de Noël, c'est rigolo, parce qu'au bout d'une heure, tout le monde est beurré - certains plus que d'autres, bien entendu.

Les strabismes des uns se font plus marqués, les timides - comme le Nouveau Boss, allez, accordons-lui le bénéfice du doute - deviennent délurés, et les amoureux se roulent des patins en public. Bon, OK, peut-être pas des patins, mais tu vois quand même vite la différence entre le nouveau couple, le couple moyen et le vieux couple. Les nouveaux couples se font vachement plus charnels.

 

Et puis tu vois qui sont les alcooliques dans le lot. Ceux qui sautent sur le bar dès qu'il est ouvert, et qui y retournent dès que le repas est terminé. T'as aussi les coinço-débauchés qui ne boivent jamais sauf quand ils se lâchent, et eux aussi, ils sautent sur le bar dès qu'ils en ont l'occasion. Tu fais la différence entre les deux parce que les premiers peuvent s'engloutir 4 gros verres de vin sans rougir - et les autres sont guillerets après trois gorgées.

 

C'est là que tu vois aussi qui sont les geeks-rôlistes purs et durs et qui sont les petits joueurs. Les derniers sortent leurs costumes d’apparat -  les premiers non, parce que quoi, tu délires? - il n'en ont pas.

 

Tu vois si l'experte en maquillage sait vraiment se maquiller, si la gothique sait porter des talons hauts, si celle qui a maigri a encore de la cellulite et combien de kilos  ou pas, grrrrr) a pris la nouvelle mère. Tu te rends compte que sans lunettes, Germaine est finalement presque canon, mais que Cindy n'a qu'une façon de se maquiller et ne peut pas surprendre.

 

Et puis surtout, tu vois enfin la nana du beau gosse et le mec de la pimbêche. Et tu peux dire plein de vacheries. 

"Ah bon, c'était pas lui l'année dernière?"

"Ah ouais, ils habitent déjà ensemble?"

"Comme quoi les canons vont bien avec les canons."

"Ah booon? il a déjà un gosse?? et elle, elle l'accepte?"

 

Ouais, les fêtes de Noël, c'est vachement cool, même si elles ont lieu en janvier parce qu'à Noël y avait trop de verglas pour les taxis. C'est bien parce que tu bouffes à l'oeil dans un restau chic où t'irait jamais sinon parce que c'est bien trop cher.

C'est vachement rigolo, mais quand ça commence à danser, tu te casses. Parce que tu peux pas rivaliser avec la DRH et son tango langoureux et que de toute façon, t'es fatiguée. 

 

Et t'attends avec impatience l'année prochaine ou peut-être toi aussi tu pourra trouver une robe à ta taille et où tu verras la nouvelle conquête de Gloria.

 

 

 

 

 

 

 

 

04 septembre 2009

Le bouquet

… ou

 

La non-cerise sur le gâteau.

 

 

 

Décidemment, ils finiront eu beauté, ceux-là.

 

 

Que j’vous explique.

 

 

Mercredi, je fais un gâteau.

 

 

Je fais un gâteau parce que 1) je suis sympa, 2) si j’attends mon dernier jour pour le faire, ben y aura plus personne pour le manger, vu que la Brune Autrichienne est déjà partie en vacances et que ni la Collègue qui était enceinte ni Une autre dont j’ai jamais parlé ne travaillent ce vendredi 4 septembre.

 

Mardi soir, donc, je me bats contre le four et ladite pâtisserie, la remets trois trois fois à cuire, et finis par en retirer un couteau sec, sur le coup des 21 heures.

 

 

Mercredi, je mets un mail aux collègues, c'est à dire :

 

- à Celle qui était enceinte

- à la J’m’en-foutiste

- à Celui qu’est gentil mais pas très fin

- à Celle dont j’ai jamais parlé puis à une autre dont j’ai jamais parlé non plus,

- aussi à une Gentille française,

- à la Grande perche dont on se souvient sans doute pas, qui ne bosse pas directement avec moi et qui est un peu plus haut placé que moi mais qui n’est pas mon chef non plus ; qui en principe est sympa mais soit timide soit m’aime pas…

 

et puis bien sûr, tout de même, j’ai envoyé mon courrier

- au Grand chef

- et au Chef bizarre.

 

 

Dans mon mail, je dis :

 

Eh, les gars, eh les filles, y a du gâteau !!! Je l’ai fait today pour que tout le monde il en profite et bicose mon emploi du temps ultra speed de mère célibataire ne me laisse point le loisir d’aller boire un pot avec vous [comme si ça risquait d’arriver, même si j’avais eu le temps…] – magnez-vous donc de venir en becqueter un bout !

 

Bien sûr j’ai pas dit ça comme ça… j’me lâche pas à ce point au boulot, même lors de ma dernière semaine. M’enfin bref. Le sens général y est.

 

 

Donc, les collègues normaux rappliquent - normal - et mangent mon gâteau et louent mon gâteau et me remercient et tout et tout et je suis contente.

 

Et le Chef bizarre, sans me remercier, me fait quand même une remarque comme quoi « chapeau d’avoir réussi à faire un gâteau toute seule comme une grande malgré mon statut de mère célibataire ! », mais n’en mange pas. ‘fin bon. Ne nous offusquons pas. J'ai l'habitude, le Chef bizarre, il est disons... bizarre. Au moins il a fait un effort. J'apprécie.

 

 

(Là je sens qu'à ce stade du billet - si vous êtes encore là, pasque oué, chébien, il est looong mon post, encore, ben que voulez vous, on se refait pas, hein, ma p'tite dame... - je sens donc qu'à ce stade du billet vous vous demandez si le gâteau lui-même n'y est pas pour quelque chose. Alors non non, je vous rassure, l’était pas cramé ni ratatiné, mon gâteau, dedans y avait des copeaux de chocolat et il était moelleux et pas sec. Alors médites pas siouplaît).

 

 

Le Grand chef, quant à lui, devinez quoi ?...

 

 

…ne répond Rien.

 

Même pas merci, même pas merde; rien.

 

Bon. J'me formalise pas ; là aussi, j'ai l'habitude.

 

 

La Grand perche, elle, répond par un silence muet de carpe sourde. Là je suis un peu plus bluffée, quand même.

 

Je me suis quand même trouvée seule à seule dans la cuisine hier avec ladite asperge, le temps de sortir mon sachet de thé de ma tasse (et non, je ne sais pas pourquoi je m’évertue à boire du thé, je ne le finis jamais), et comme de juste…

 

Aucun commentaire !!

 

Rien !!!

 

Même pas « alors, le dernier jour approche ? »

 

Ou alors « au fait, merci pour le gâteau hier, mais j’avais absolument pas faim ».

 

Non non, rien. Rien de rien de rien de rien de rien.

 

Genre t’existe pas.

 

 

Alors j’voudrais pas dire, mais moi je trouve ça unique. Je comprends que quand tu reçois un mail d'un gars qu'a écrit à toute la boîte, c'est à dire à 300 personnes, un gars que t'as peut-être croisé une fois dans l'ascenseur un jour de chance, et que le mec te dit "je me suis trop éclaté avec toi au cours de ces quatre dernières années, merci pour tout et viens boire un coup avec moi vendredi après le taf", ben là, évidemment, le mec tu vas pas lui répondre. Enfin, tu pourrais, mais "merci mais t'es qui ???" ce serait pas super sympa de la mort pour le pauvre mec qui apparemment est déprimé parce qu'il quitte son poste (mais comment ils font, les gens ???)

 

Nan mais là. Là, mon mail, je l'ai pas envoyé à 300 personnes. Je l'ai envoyé à - attendez, je compte, vous pouvez compter avec moi si vous voulez - NEUF personnes. Triées sur le volet, donc.

 

La politesse exige qu'on réponde à un mail comme celui-là, non ?

 

Nan et puis, ce mec, j’ai quand même passé 6 mois assise à côté de lui. Je lui ai demandé des conseils sur les fournisseurs d’accès Internet et il m'a parlé (par politesse, pour répondre à mes questions - donc il a un peu des notions de politesse quand même) du soleil des Bermudes où il venait de passer deux ans à se dorer la pillule cuire devant des fichiers Excel. Et puis régulièrement à chaque fin de trimestre  je viens le voir et je l'assome à coup de questions sur le numéro de compte de divers clients ou le taux de rétrocessions à appliquer ou le pourquoi du comment du keskidi de tel ou tel encours. Et il me répond toujours poliment et patiemment.

 

Ca crée des liens, ce genre de choses, non ?

 

Ben apparemment pas.

 

Ou alors il est timide de chez timide dès qu'on sort des choses du boulot, au point que c’est maladif.

 

Bon. Peut-être.

 

Pour moi c’est de la franche malpolitesse mais bon, s’il est timide de chez timide de chez timide, c’est pas à moi de juger, si ça le ronge de l’intérieur et qu’il a passé les deux heures suivant la scène à la cuisine à se dire « punaise pourquoi j’ai rien dit pourquoi j’ai rien dit pourquoi j’ai rien dit » bon ben, le pauvre gars, je vais pas lui en vouloir, hein, ça lui mettrait encore plus la pression.

 

Ouais, sauf que j’ai pas l’impression que le mec, il soit d’une timidité maladive.

 

Ou alors il est juste comme ça avec les femmes.

 

Ou alors il me déteste cordialement.

 

Ou alors il m’aime comme un fou… C’est possible, ça, vous croyez ?

 

 

Bref.

 

 

C’est au point que lui et le Grand chef, j’ai pas envie de leur dire au revoir quand je partirai ce soir. Mais comme dit la Grenouille, rapport aux références futures, c’est mieux de ne pas partir en froid. On ne sait jamais.

 

 

Mais quand même :

 

 

GRUMPFKOWAZERQKQPURIOUIORDISRIOCUAERIOEURI@@@******!!!!!!!!!!!!!

 

 

 

Merde à la fin.

 

28 août 2009

Ben pas moi, et na !

Y a un gars qui part aujourd’hui, dans la rangée de bureaux à côté des nôtres.

Il a amené des gâteaux.

Pour tout l’étage.

Il les a mis dans la cuisine.

 

Ben moi, vendredi, quand je partirai, je ferai un seul gâteau pour l’équipe et les gens avec qui j’ai travaillé et basta.

 

 

Faut pas déconner non plus.

27 août 2009

La Grande peur de l'Audit

 

 

Argh.

 

Quelque fois ça m’énerve.

 

Quelque fois c’est ridicule.

 

Paraît que c’est la faute au grand méchant loup, le prédateur craint par tous, le juge absolu du bien et du mal, j’ai nommé…

 

 

…l'AUDIT.

 

 

Alors pour ceux qui ne sauraient pas ce que c’est qu’un audit, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas habitués au monde de l’entreprise (j’ai nommé les profs :-D), un audit c’est quand un gars en costard – voir deux, de préférence ; c’est plus intimidant – se ramène en te serrant la main, un gros dossier sous le bras, et te pose plein de questions. Il regarde l’achat du 13 mars 2006 et demande si tu as gardé le reçu. Et il coche une case. Et si tu l’as tamponné (il coche une autre case.) Et si tu as une base de données où sont consignées les achats (il prend des notes). Et si c’est normal que le reçu ait été photocopié et si non, pourquoi t’as pas gardé l’original (encore prise de notes). Et si tu as une base de données où tu consignes le fait que tel ou tel reçu a dû être photocopié parce que l’original n’est plus disponible et pourquoi (grattage de tête, changement de page dans le dossier, cochage de cases, prise de notes).

 

A la sortie de l’audit, le gentil monsieur en costume t’attribue une note et te dit ce qu’il faut améliorer. Il te dit si c’est suffisant ou pas. Et si contrevisite il doit y avoir. Un peu comme un contrôle technique automobile, quoi.

 

 

Nan, mais j’dis pas, c’est bien, les audits : ça évite que le PDG se casse avec la moitié de la tirelire et les ¾ du stock.

 

Sisisi, je reconnais.

 

Mais bon.

 

Des fois, c’est juste un chouilla exagéré.

 

Par exemple :

 

Dans la belle et grande entreprise où je ne travaillerai bientôt plus (youpi !), il existe un truc qu’on appelle des comptes pour mineur.

Dans l’intitulé du compte on a donc : « Papa Dupont et Maman Dupont pour Bébé Dupont ».

 

Alors l’intitulé du compte, vous croyez peut-être que c’est anodin, mais il n’en est rien. Ce sont les fondations d’un compte. Si on change l’intitulé, le compte s’écroule.

 

Donc moi, hier, j’ai une dame qui m’appelle, qui me dit que, pour des raisons de séparation maritale et de suivi du courrier trop compliquées à expliquer, le courrier n’arrive pas au bon endroit et qu’il faudrait si on le veut bien changer l’ordre dans lequel monsieur et madame sont inscrits dans l’intitulé.

 

Héhé.

 

Ca vous paraît simple, à vous, hein ?

 

Ouais mais c’est sans compter les auditeurs.

 

Parce que tout ce qu’on fait, on le fait pour l’Ennemi en costard.

 

Donc. Si on fait un copier-coller, le compte va subitement changer. Et le monsieur en noir il va dire « pourquoi ? Comment ? Selon quelle procédure ? Avec quelles justifications adminstratives ? »

 

C’est ainsi que, pour prendre madame et la placer devant monsieur, il faut :

- une lettre signée des deux parents, envoyée par la poste, s’il vous plaît, car il faut la version originale de la signature ;

- la photocopie des cartes d’identité des deux parents ;

- un extrait de naissance de Junior.

 

Avec tout ça, on ouvrira un nouveau compte et on transférera toutes les parts de Junior sur ce nouveau compte, avec un nouvel intitulé, car on ne change pas l’emplacement des briques dans la fondation de la maison une fois que celle-ci a été érigée. N’est-ce pas ?

 

Alors moi j’voudrais pas dire mais je trouve ça un peu compliqué.

 

'Fin bon, moi, ce que j’en dis, hein…

 

De toute façon, dans 6 jours ouvrables, j’me casse.

 

Nan mais.

 

 

21 août 2009

Conversation avec le Grand chef

Mon Dieu ! Le Grand chef m’a demandé comment j’allais !!

C’est un miracle !!!

 

Oui enfin bon, je ne suis pas dupe, le Grand chef m’a parlé uniquement parce que ça faisait 45 secondes qu’on était tous les deux dans la cuisine avec personne d’autre, touillant notre thé et notre café respectifs en silence.

 

Donc il m’a dit :

 

- How are you doing, Sophie ? et il a jeté un coup d’œil rapide à mon ventre.

 

Ouah !!!

 

Faut dire que le Grand chef, je me demandais quand même s’il avait bien enregistré que j’étais enceinte ; depuis que je lui avais annoncé ça entre deux larmes, le jour où j’étais rentrée toute tremblante et hormonale me reposer chez moué, et qu’il m’avait dit « ah oui ? » avec un sourire ému, (celui de l’homme qui aime les bébés – car le Grand chef adore les bébés, y a qu’à voir la lueur dans ses yeux quand une collègue ramène son nouveau-né) et qu’il m’avait dit sur un ton paternel et bienveillant : « mais bien sûr, prends soin de toi ! »  eh bien depuis ce jour, il ne m’avait plus rien dit sur le sujet.

 

Pas un mot.

 

J’avais donc été absente deux jours, et quand j’étais revenue, je m’étais un peu attendue à ce que, passant à côté de moi pour envoyer un fax, par exemple, le Grand chef me demande : « alors, ça va mieux ? Mais dis-moi, c’est pour quand, alors, et heureux événement ? »

 

Eh ben non. Rien.

 

Bon.

 

Faut pas s’exciter non plus, le Grand chef c’est le Grand chef, c’est pas mon pote, me dis-je.

 

 

Mais je vais quand même vous faire une confidence, et vous le répétez pas, hein ? Le Grand chef, il a beau être un peu bizarre lui aussi, il a une qualité qui l’a sûrement aidé à arriver Grand chef – c’est moche à dire mais ça m’étonnerait pas, c’est que le Grand chef c’est un beau mec. Beau et charmant. Grand, blond grisonnant, le regard pétillant ; toujours bien rasé, épaules carrées… La chemise lui va à merveille, et le col V sans manches j’vous en parle même pas…

 

Bref.

 

Or, un Grand chef beau et charmant, il a beau être un peu lunatique, zarbi et faux-cul, ben en fait, on lui pardonne beaucoup de choses.

 

C’est nul.

Mais c’est un fait.

 

Enfin chez moi en tout cas.

 

 

J’avais donc encore un peu l’espoir qu’il réagisse quand, ayant annoncé au Chef bizarre que finalement je partais sur Cork en septembre, je mis un mail au Grand chef pour lui annoncer la même chose (pasque vu la communication entre les deux, là, fallait pas compter qu’il ait l’info de sitôt).

 

Et donc ?

 

Keine Reaktion.

 

Rien. Nada. Que dalle.

 

Bon.

 

Moi j’dis ça, j’m’en fous, hein.

 

 

Mais bon, quand même.

 

 

Du coup, quand ce matin, le Grand chef m’a dit « How are you doing, Sophie ? » et a regardé mon ventre, je me suis dit : « mon Dieu, il me parle ! » et lui ai répondu, tout simplement, « fine ! ».

 

(Quelle conversation transcendante me direz-vous ! N’est-il pas, vous répondrai-je ?)

 

Le Grand chef, fidèle à lui-même, ne répondit pas, mais je n’allais pas me laisser impressionner, bien décidée que j’étais à obtenir enfin de sa part une reconnaissance de l’importance de mon état révolutionnaire. Je rajoutai donc, en référence au fait qu’il avait zieuté on bidon :

 

- Getting bigger ! »

 

Ce à quoi le Grand chef répondit par un léger sourire qui me sembla signifier « oui, bon, ça va, hein, pas la peine de t’étaler non plus, hein, t’as bien vu que je cherchais juste à briser le silence, on va pas non plus papoter toute la matinée, hein, allez, moi j’ai fait mon devoir, ça s’arrête là, ciao » - et sortit de la cuisine.

 

 

Bon.

 

 

Le Grand chef, il a beau être mimi et beau et allemand, ben faut dire ce qui est, c’est un gros con.

 

 

Nan mais.

 

 

 

18 août 2009

Le dilemne de la glandeuse professionnelle

Le problème, quand t’as pas de boulot, c’est qu’au bout d’un moment, t’en veux plus.

 

Surtout quand tu sais que dans 3 semaines tu te KASSOS et que c’en est FINI POUR TOUJOURS de ce boulot de mouise.

 

Evidemment, c’est lors de ces trois dernières semaines que tu te trouves submergée de travail. Tu vois une raison à ça, petit lecteur assidu ?


Moi pas.

 

M’enfin toujours est-il que voilà :

 

- la boîte des mails français (celle que voient aussi le Grand chef et le Chef bizarre) se remplit régulièrement, et moi je ne la regarde plus ;

 

- les papiers s’amassent sur mon bureau mais je ne leur accorde pas plus d'attention qu'au cours du Nasdaq ;

 

- les bouteilles en plastique vides s’amoncellent à gauche de mon écran mais je ne les jette pas (la faute à la cuisine qu’est trop loin – au moins 15m – pour ma pauvre symphyse pubienne) ;

 

- et moi je ne suis plus du tout mais plus du tout mais plus du tout motivée.

 

Et bien sûr, chaque fois que le Chef bizarre passe (et elle a raison, la Grenouille : il a donc rien à fiche, le Chef bizarre ? Il passe au moins 10 fois par heure. Ca me saoule, moi !) j’ai sur mon écran une jolie fenêtre décorée d’une palette de couleurs à droite et d’un échantillon d’émoticônes sur la gauche et je tape frénétiquement une réponse à la fille qui me dit que oui, faire pipi dans le jardin c’est vraiment dégoûtant ou que non, elle ne sait vraiment vraiment pas ce qu’elle a fait après son quatrième verre hier soir et que c’est un drame.

 

Et pendant ce temps le Chef bizarre voit les mails qui s’accumulent dans la boîte commune.

 

Ca craint pour ma pomme.

 

Je vais m’y remettre, illico presto.

 

(‘fin j’vais juste aller voir d’abord s’il ne se passe rien d’excitant sur Facebook…)

30 juin 2009

J'aime mon chef

Comme vous le savez, j’adoooore être impliquée dans l’évolution des « dossiers » (ouah, je kiffe ce mot, on dirait que je fais plein de trucs passionnants quand je travaille sur des « dossiers ») sur lesquels je bosse.

 

Donc.

 

Quand on me harcèle pour obtenir une réponse à une question sur laquelle je ne suis pas du tout en mesure de trancher, et que je vais demander au Grand chef, lequel m’indique la réponse à fournir et me dit “et demande leur de nous dire ceci, ceci et cela, il serait important de le savoir…” eh bien je m’exécute.

 

J’aurais préféré qu’il donne lui-même la réponse, surtout que le mail de départ lui était aussi adressé, mais vu que c’est moi qu’on a harcelé, eh bien c’est moi qui me charge de la réponse. Soit. Comme ça, je progresse ! Je ne vais pas me plaindre de ce que l’on me confie des tâches…

 

Mais.

 

Quand j’obtiens la réponse à ma question sur « ceci, ceci et cela » et que la réponse, en substance est : « demande au Grand chef, il a déjà obtenu toutes ces informations », ben je ne comprends plus trop.

 

Alors je dis « ben non mais c’est le grand chef qui m’a demandé de vous demander ».

 

 

Oui mais il paraît qu’On s’est parlé entre temps. Et que derrière mon dos, la question a été résolue.

 

 

Pour ça, j’adore le Grand chef.