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05 mai 2012

Voyage éclair dans le comté de Clare

Mieux vaut un mois plus tard que jamais...

 

Description d'un petit week-end décidé à l'arrache. Pour les photos, c'est par ici.

Comme il faut bien préparer son voyage, malgré tout, tout débute par une course dans les rues de Cork pour trouver un guide de la géographie et de l'histoire irlandaises, l'efficace Lonely Planet. On ne gonfle pas les pneus et on ne fait pas les niveaux, on est encore (un peu) jeune !

Début du voyage : à cent à l'heure vers Limerick en traversant entre autres la ville d'un vague cheddar local pas bon (le Charleville). Quelques vieilles pierres sur le bord de la route pour agrémenter le tout : monastère du XIIIe et tours abandonnées. Après quelques heures d'un trajet sans histoire, arrivée dans une agglomération réputée criminogène et associée, on ne sait trop comment, à de petits poèmes plus ou moins obscènes.

Une ville, somme toute, qui gagne à être connue : après avoir roulé dans de grandes artères venteuses longeant un port fluvial à moitié abandonné, le centre ville est à portée de parking. Un petit pique-nique au People's Park s'impose, ne serait-ce que pour faire un pied de nez à la pluie qui menace. C'est très fleuri et l'on y trouve belle aire de jeux, jouxtée par un minuscule musée d'art contemporain fort sympatoche : on peut même photographier les enfants en train d'interagir avec les œuvres ! À voir les gens dans les rues un samedi après-midi, on lui trouve aussi un air plus cosmopolite que Cork.

Retour ensuite sur quelques bouts d'autoroutes/voies rapides, direction nord-ouest, vers le comté de Clare et ses célèbres falaises de Moher, arrêt obligé de tout touriste qui se respecte. Au passage, un petit coucou aux surfeurs de Lehinch, aussi nombreux que des mouettes derrière un chalutier remontant ses filets, malgré le gros temps (ou à cause de lui ?). De belles vagues viennent s'écraser sur le bord de mer protégé par une digue titanesque, obligeant même les plus intrépides à sauter de leur planche en pleine action pour ne pas aller se fracasser sur les rochers.

Retour dans l'habitacle, et l'on poursuit quelques kilomètres jusqu'au fameux relief de carte postale, mais - petit reste de rebellion ? - on ne s'arrête pas sur l'immense parking des visiteurs, oh non. Un peu plus loin il était une petite route au bord de laquelle il faisait bon se garer pour approcher des falaises par le Nord et profiter d'un beau panorama. Était, car le touriste non payant n'étant pas forcément le bienvenu, des talus de terre ont été ajoutés sur les bas-côtés pour décourager le marcheur du dimanche. La promenade n'en est que plus amusante, et le soleil s'est décidé à percer les nuages. À moins que les nuages se soient décidés à aller enquiquiner d'autres péquins en Irlande. Enfin le résultat est là : une heure au moins de temps radieux, et les falaises s'offrent à nous dans toute leur majesté. C'est l'occasion de jouer à saute-barrières à moutons, au parcours du combattant en rampant sous les barbelés, en franchissant les murets et en essayant de ne pas se tordre la cheville en descendant dans l'herbe grasse.

Soirée pépère, dans un pub comme de juste, le restaurant d'à côté vaguement coté étant archi-plein et pas vraiment ravi de voir arriver des gars pas rasés (enfin juste moi) une famille qui n'était pas sur son trente-et-un. Après le coucher des mômes, petite pinte au pub musical de Lisdoonvama, où touristes et autochtones se pressent dans une ambiance chaleureuse pour écouter les 5 violonistes qui, ce soir-là, frottent leurs crins-crins sur des airs traditionnels endiablés, quoiqu'un peu répétitifs. Pour partir, nous devons faire connaissance avec la moitié du pub, notre voiture étant coincée derrière un énorme 4X4.

Le lendemain, le temps ressemblait à ça. Et les paysages à ça. C'est la journée du live "Cohen at the Burren". Une trilogie parfaite, pour cette exploration façon sortie histoire-géo de collège. Nous ne ferons pas de topo sur les reliefs karstiques, les forts de l'âge de bronze ou les mégalithes qui parsèment les Burren, au sud de la baie de Galway. Disons simplement que l'ambiance était d'une beauté parfaite, grise et minérale. Somme toute, le live at the Burren était fort réussi, agrémenté d'une chasse aux œufs de Pâques à deux pas des cailloux millénaires : ce jour-là, j'ai eu l'impression que nous apportions notre petite pierre au mille-feuilles de l'histoire !

On déjeune dans une ferme à touristes oubliable, qui doit son existence aux ruines du fort situé à deux pas de l'étable. L'exposition monomédia consacrée au monument est digne d'un jeu vidéo de l'âge d'or de la 3D, dans les années 1970... Les Celtes méritent mieux que ça, alors on redescend plein sud, enfilant tours, églises et monastères médiévaux, et l'on s'arrête devant ce qui se fait de mieux dans l'art roman - enfin de ce côté-ci de la mer d'Irlande -: une petite église, au milieu d'un pâturage détrempé et non loin d'un donjon assez bien restauré, mais hélas fermé. Le temps manquait, mais un petit banquet au feu de bois, avec quelques chansons de circonstance aurait été le bienvenu !

Enfin, notre destrier mécanique nous ramène vers la capitale du Munster, sous la sempiternelle pluie.

26 avril 2012

Tiercé gagnant : ours en peluche, musique ethnique et alliance galactique

Deuxième journée de convalescence pour le Pouitch après son opération des végétations. Nous sommes à la maison, et comme je le lui avais promis, nous regardons la trilogie originale de Star Wars. Il me la réclamait à cors et à cris, après avoir consulté d'autres cyberpapas sur un forum, je me suis décidé à le laisser regarder ce space opera ultraviolent !

(D'ailleurs sur cet espace de discussion, on trouvait quelques aigris pour expliquer qu'il était inqualifiable :

- qu'un père s'en remette à Internet pour l'éducation de ses enfants,

- que des enfants regardent la télé au lieu de jouer dans la boue et sous la pluie...

Mais ceci est une autre histoire.)

Feux d'artifice, confetti, danses et tam-tam... Il y avait comme un air de fête lorsque nous avons terminé ce 3e épisode (enfin le 6e chronologiquement, mais le 3e dans l'ordre de la réalisation des films, bref, vous m'avez compris ou pas, mais c'est la faute à Voltaire aux prequelles aux prélogies...).


 

Un air de fête, donc, voyez plutôt, mais j'ai trouvé qu'on finissait sur une note de légèreté frisant le ridicule ! Bien sûr, qui suis-je pour critiquer le grand, que dis-je, l'IMMENSE Georges Lucas et tout et tout... Personne, c'est entendu, mais tout de même, qu'on se le dise :

- les feux d'artifice, c'est kitschissime, et en l'an 10 000 avant J.-C. (enfin y'a très longtemps, quoi), ça devait pas être bien plus tendance.

- voir des nounours patauds danser et surtout sauter de joie au milieu des arbres, ça fait sourire.

- qu'ils le fassent au son des flûtes indiennes façon un indien dans la ville, ça fait presque rire.

- quand on voit des gusses en combinaison orange fluo, euh pardon, d'héroïques pilotes de chasseurs de l'alliance, un peu paumés, se joindre à la fête des nounours et se déhancher gaiement comme dans une boîte de nuit rétro, ça fait drôle.

- quand le généralissime Lando Calrissian se met à taper dans les mains comme votre oncle rigolo pour une animation du DJ de votre mariage entre la poire et le fromage, ça devient franchement réjouissant !

Le père Lucas, je le trouve excellent conteur, mais ses séquences émotion ne sont pas à la hauteur de tout le reste. Je me souviens encore avec des frissons d'horreur du baiser final entre Anakin Skywalker et Padmé, dans l'épisode 2...

Enfin, tout ça c'est pas bien grave, ça plaît au Poulet et même à la Pouitchenette !

21 avril 2012

Continuum espace-temps et fission nucléaire

Retour vers 1985. Depuis plusieurs années, faute de pouvoir remonter dans le temps, je regarde les (nombreux) films à côté desquels je suis passé, enfant ou adolescent. Les trois volets de l'excellente saga Retour vers le futur étaient de ceux-là.

doc lunettes soudure.jpg

J'aimerais revenir sur quelques scènes du premier film, qui m'ont beaucoup amusé, moi le spectateur de 2012. Outre sa perpétuelle envie de gober des mouches et son apraxie oculomotrice, deux choses m’ont frappé, chez le Doc, lors de sa tonitruante entrée en scène : sa combinaison blanche pas tout à fait vierge, et ses gants de jardinage en caoutchouc pas tout à fait bios. Non pas parce que ces accessoires vestimentaires sont une addition fort improbable à la chemise à carreaux, aux lunettes de soudure et aux baskets de notre ami ; jusque là, rien que de très normal pour cet éternel ahuri...

 
 

combinaison doc.jpg

doc main sur coeur, gants jardinageCe sont quelques petits détails fort signifiants qui ont attiré mon attention. Pour rendre le personnage plus cool auprès de tous les apprentis-sorciers ados aspirants scientifiques de 1985, les costumières avaient glissé quelques petits symboles irradiants d'innocente innocuité dans l'accoutrement de M. Brown... Voyez plutôt !

Ce bon vieux docteur Frankenstein scientifique d'avant-garde persiste et signe, et nous jure, la main sur le cœur que non, il n'y a pas de problème, on peut y aller, le plutonium c'est hyper safe.

Eternel sceptique, vous n'êtes toujours pas convaincu ? D'acodoc, il en remet une couche : le plutonium, c'est un peu comme la bière ou le petit rosé, l'été : on le met dans une glacière et on peut aller pique-niquer sur l'idyllique parking du centre commercial voisin. Et si vous avez les mains pleines, pas de panique : il suffit d'utiliser les pieds pour ouvrir la petite boîte !

glacière à plutonium

 

Tout ça, c'était en 1985, alors que l'atome avait su rester cool, fort de toutes les promesses que le nucléaire civil semblait tenir depuis son avènement. Et il savait faire rêver, le bougre, comme ce bon doc ! 

Et puis, un an plus tard, il y a eu ça :

C'est facile et méchant de faire de l'analyse historique a posteriori, mais c'est tellement marrant !

Pour être justes, signalons que pour le deuxième opus, les scénaristes ont fait amende honorable, puisque la machine à remonter dans le temps fonctionne au carburant 100 % bio, peaux de bananes et vieilles canettes. Conversion au recyclage notable !

Enfin, pour terminer sur une note apolitique (mais l'est-elle vraiment ?), non, ce billet n'a pas pour but de vous inciter à donner votre suffrage à la mégère revêche aux lunettes encore plus cool que celles du Doc les plus hideuses de l'histoire politique mondiale. J'ai simplement été scotché de voir ces petits détails, fleurant bon une époque où le plutonium était encore de bon aloi !

Il y aurait beaucoup à dire encore sur les choix vestimentaires de l'an 2015, ou sur les terroristes lybiens plotoniumivores, mais ce n'est pas notre propos !

Ce petit joyau cinématographique est atemporel, certes, mais pas hors du temps...

outatime, hors du temps, out of time

Really?

25 mars 2012

Des dangers de la traduction pour un petit bilingue footeux

Mise en contexte : Sous l'influence de ses petits copains, Tristan devient (un peu) footeux. On s'entraîne aux tirs au but et on a regardé un bout du derby Saint-Etienne/OL samedi dernier, il était aux anges. A mon plus grand dam, il a pris fait et cause pour les lyonnais, et il est pas prêt de lâcher le morceau. De but en blanc dans la voiture qui nous ramène du supermarché, il se met à me questionner sur les prouesses de l'OL. Sont-ils les premiers ? Gagnent-ils tous leurs matchs ? Je lui explique qu'ils ont été champions de France X fois dans les années 2000. C'est alors qu'il me lance, avec le plus grand sérieux...

Traduction : "Papa, combien de tasses ils ont gagné, Lyon ?"

tasse olympique lyonnais

 

 

 

Petit blanc... Je cherche à comprendre, puis éclat de rire, je corrige en "coupe", mais mon fils n'en démord pas, piqué au vif. Il m'explique mon erreur... "Mais en anglais, papa, c'est 'cup' !" Je lui ai appris un nouveau mot, qui lui servira sans doute s'il devient journaliste sportif, ou seulement s'il veut gloser foot en France.

 

 

 

 

Explication : Ben j'en ai pas, je suis pas linguiste, mais c'est sûrement sémantique, tout ça :)


Moralité : le sport, ça surprend, et pas seulement sur le terrain... Bon, je vous laisse, je vais me faire un thé dans ma tasse ASSE !

11 juin 2011

Page d'écriture de Pouitch

orthographe, phonétique, écriture, premiers pas

Sans commentaire, si ce n'est que c'est mignon, et que ça ne doute de rien ! J'aime cette confiance aveugle en ses propres aptitudes, cette absence d'inibition (orthographique) ! Continue comme ça, Tristan !

03 mai 2009

Laïcité ? Kê ?

La Grenouille dit :

Un article du Sunday Times irlandais vient de me dessiller...

On vit dans un pays où il existe un système d'aides sociales. Jusque là, rien que de très normal.


Mais qu'il y existe un programme spécifique de remboursement des robes et costumes de communion pour les familles à faibles revenus, là, j'avoue que j'ai du mal...

Ce qui m'étonne le plus, c'est que le journaliste présente cela comme une mesure sociale tout à fait anodine, aborde son sujet sous l'angle des répercussions de la crise économique sur les ménages les plus pauvres. Entraînés par la frénésie consumériste qui fait feu de toute foi, certains vont trop loin pour le plaisir de leurs enfants et s'adressent ensuite à l'État pour boucler leur budget communion.

Bien sûr, je ne suis pas dupe, dans tous les pays les aides sociales sont utilisées par les parents comme ils l'entendent, y compris pour des achats religieux, mais au moins ne sont-elles pas publiquement destinées à cet usage. Les implications de la laïcité se mesurent à ces petits détails. Pour moi, il se joue là bien plus que l'intitulé d'une aide sociale. C'est la marque d'une société où le catholicisme est la norme et non une norme.

Laïcité, laïcité chérie, tu me manques !!!! Demain, peut-être, j'apprendrai que l'État irlandais envisage de verser une dîme au Vatican ? Alors qu'il fasse aumône de quelque gui aux druides qui en sont réduits à célébrer les fêtes du solstice à leurs frais, par Toutatis !!!

Pourquoi le clergé irlandais ne mettrait-il pas la main à la poche pour défrayer ses ouailles les plus pauvres ? Ou alors que Sa Sainteté nous gratifie d'une bulle limitant le prix de la tenue de communiant. Tiens, ça ce serait dans l'esprit des évangiles ! Jesus himself ne s'était-il pas occupé des marchands du temple ?

J'en reste là de mes pieuses considérations, je vais essayer de me faire une raison et surtout, je vais faire pénitence pour mon ethnocentrisme de laïcard de 1905 !

 

La grenouille jamais contente, mais qui, malgré elle, commence à aimer Dublin !

25 juin 2008

Le juste prix

Coordonnées intergalactiques : nébuleuse Trinity College, géante rouge Grafton Street et étoile D2. Le coin le plus beau et le plus commerçant de l’amas d’étoiles dublinois.

Son vaisseau Peugeot en alliage graphite-rouille vient d’atterrir. Les portes automatiques du couloir de décontamination s’ouvrent dans une symétrique harmonie. La moquette sur laquelle marche posément le Jedi est plutôt classieuse. Il est venu jusqu'ici pour faire examiner ses chicots aussi pourris que l'âme de Dark Vador. Son sabre laser Vhi au côté, il ne craint rien, pas même les acariens.

Il active calmement le mécanisme d’ouverture du sas, prêt à tout pour déjouer les obscurs plans du mauvais côté de la Force. Il sait qu’il met les pieds au cœur du Mal, dans le système sanitaire de cette partie de l’univers. L’avant-garde des légions de l’Empire a déjà pris pied sur le système stellaire D2.

Rien ne bouge dans la salle d’attente.

Puis, tout se passe en un éclair de dix minutes. On vient le chercher, ses dents sont observées, détartrées, radiographiées et polies (parfum : canard WC rose). Puis, tout sourire (il faut bien rentabiliser le voyage), il quitte la salle d’examen et entre dans la salle de contrôle et de communications bancaires.

PAF ! Embuscade !

Happé dans un vortex de Force qui lui retire toute volonté, entouré de Jedis obscures déterminées et rompues aux transactions commerciales en tout genre, il ne peut que saisir le code ultrasecret de sa base bancaire.

POUF !

110 zgrongs partent en fumée. Le plus rusé des marchands Larnakions n'aurait pas fait mieux. Il part en souriant comme un con. Irrésistible est le côté obscur...

Depuis, il s’entraîne à mieux maîtriser la Force et surtout la notion d'acceptation. La prochaine fois, quand même, il amènera peut-être un Wookie pour mieux se défendre.

22 mars 2008

JESUS, MY GUINNESS!!! (ou : pas de bigots au bistrot)

296648374.JPGUne semaine sans une goutte d’alcool, on n’est pas dans l’optique hédoniste, mince.

Puis vient l’appart, les choses se mettent en place doucement, le week-end, les randonnées futures... On mérite bien une petite bière, non ?

Non.

La loi interdit de vendre la moindre goutte d’alcool le Vendredi Saint en Irlande. Quid du vin de messe ?

Une journée d’abstinence dont je me souviendrai, le goût amer de la Guinness sur les papilles d’avoir des envies de femme enceinte. Mouais... Dans une capitale où l’on compte plutôt les vomis que les crottes de chiens, sur les trottoirs ? Le Dublinois ne serait-il en état d’ivresse que 364 jours par an ? Vous avez un problème d’alcoolisme ? Jésus de Nazareth peut vous aider.

Ce triste jour pour les Chrétiens l’est aussi pour moi. Judas d’Irlandais, trahir ainsi leur boisson nationale ! A 200 mètres, de l’autre côté de la rivière, la brasserie qui produit la bière couleur café.

Dans nos verres, du jus de tomate.

01 novembre 2007

Bienvenue à Gattaca

Le futur existe, on y accède très simplement ! Il est à notre porte... Et il s’appelle Milton Keynes.

C’est l’une des villes nouvelles créées, en Angleterre comme chez nous, dans la fièvre bâtisseuse et optimiste des années 1960. Acier, asphalte, béton, verre 39f308ae49f98e0f72f91d38199dce01.jpg; amiante ? MK, comme disent les communicants dopés au DK recrutés par la municipalité, fête 40 années au service de l’automobile. Elle garde un air d’avenir au moment où la bagnole et le pétrole n’ont pas vraiment le vent en poupe.

Une poésie simple et forte se dégage de cette jeune ville. Ce dimanche-là, une atmosphère étrange pousse à la rêverie. Le véhicule en approche traverse d'abord (sur une voie rapide, évidemment) une interminable zone industrielle, aux entrepôts démesurés et pansus. Puis, sur une petite colline on devine la ville et l'on aperçoit XSCAPE, à la fois centre commercial, multiplex, salle d'escalade et piste de ski in et indoors... En forme de demi-cône façon boule à facettes, voilà le phare guidant l’automobiliste chouchouté.

Quelques ronds-points plus tard, on se gare tout près de cette imposante masse. Les parkings sont gigantesques, les autochtones sympas (ils vous évitent de trop lâcher aux Longtarin locaux), les arbres faméliques et plutôt incongrus. Il faut demander où se trouve le centre-ville, parce que, venant de l’ancien monde, on n’a pas de GPS Galileo. Et surtout, parce qu’on a échoué à la marge de supermarchés, de voies rapides, de restos branchés qui semblent oubliés à côté de rangées de poubelles. Avec ses bétonnages des années 70, pleins d’âme à force de ne pas en avoir, le paysage a des airs de banlieue de grande ville. Pourtant, le cœur de ce rêve urbanistique bat juste à côté de nous.53125a4986963cabb50bd06d41f0f262.jpg

Des voitures sillonnent inlassablement les rues d’un beau maillage à l’américaine, tout en parallèles et en perpendiculaires. Ici, pas de voies sans issue, du fonctionnel, du récent, un peu de frime. L’immense colonne vertébrale de la cité, droite comme une perspective versaillaise, s'étire entre la gare et un grand parc aux pelouses de golf. Cette ossature, c'est une interminable galerie marchande. Peut-être la plus grande d’Europe ?

Le dimanche, c’est beau, ça bourdonne comme dans une ruche, c'est merveilleux pour les jambes des petits trotteurs qui font de la course à pied dans les grands halls pendant qu'on s’extasie devant les panneaux présentant les projets du futur pour cette ville-laboratoire. Davantage de théâtres, plus de crèches, plus de magasins, évidemment, et - concession à l’air du temps - plus de transports en commun. bada36be09f6c1892fb7d1cfa55768d8.jpg

Sortis d’un épuisant kilomètre de lèche-vitrines, on met le pied sur des esplanades désertes, jouant à cache-cache sur plusieurs niveaux avec les grands boulevards. Les bureaux sont vides, c’est féérique. L’air d’automne est silencieux et accueillant. Ça rend méditatif. On ne peut que descendre doucement jusqu'à la gare, même si, à MK, on n’a pas besoin d’aller ailleurs. Aucun skateur pour profiter de ces tentatrices étendues de faux marbre citadin, aucun tag non plus, cette ville est décidément d’un autre âge. On éprouve une joie mêlée d’inquiétude, le changement d’environnement déstabilise, mais la science-fiction architecturale nous rattache un peu au réel.

On arrive par hasard devant une minuscule galerie d’art contemporain, dans cette jungle urbaine tempérée, où la voiture est partout mais pourtant discrète, où tout semble fluide (Milton Keynes ne connaîtrait pas l’embouteillage), où le béton sait être doux. Une ville branchée, étonnée et un peu zen. Un film de Tati, mais en moins chiant.

À 40 ans, Milton Keynes dore son béton au soleil, est promise à un avenir radieux (celui que prédisent les urbains publicitaires). Elle a un amoureux, qui cette fois apprécie les fumées des pots d’échappement, parce que sans elles, la contemporaine beauté de MK n’existerait pas.

Le crapaud moins baveux que d’habitude. J

26 octobre 2007

L’empire sur lequel The Sun ne se couche jamais

J’ai enfin tenu la bête entres mes mains. Le fleuron du caniveau. L'apothéose de l'art diffamatoire. Le feu d'artifice de l'intelligence. L'outil éducatif suprême. L'instrument d'élévation spirituelle ultime. L'inoubliable aventure journalistique. Le grandiose newspaper ! En deux mots : The Sun.

By Jove, l’édition de samedi m'a mis en appétit en attendant le fast-food. Une aventure littéraire pour le pauvre petit Frenchie qui n’a jamais lu de titre plus choc que "Johnny et Laetitia filent le parfait amour à Saint-Tropez" ou "Loanna et Benjamin Castaldi : la grossesse du péché"...
La finale de coupe du monde de rugby était à l’honneur. Avec un angle vraiment local. Le journal rebaptisait le Stade de France "Stade de England", l’officiante étant une pin-up à pancarte qui n’avait pas vraiment l’air d’une première communiante... Ses jambes disparaissaient hélas derrière sa pancarte, mais le lecteur était plus que dédommagé par la très réussie et traditionnelle pépée savamment dévêtue couchée dans un lit de roses en mythique page trois. L’article poursuivait en nous apprenant que le stade de England est normalement un lieu où la consommation d'alcool est interdite. Le journal annonçait fièrement que les supporters anglais allaient boire 250 000 pintes de bière au vu et au su de tous. Importée, en plus, je parie ! Vue imprenable sur la face cachée du rugby des deux premières mi-temps J. Ouf. On a évité de peu le déferlement de hooligans, samedi !
Ceux que le rugby irrite pouvaient se consoler en admirant la photo du dernier cadeau de Maddy à ses grands-parents. Un beau plat rose avec ses petites mains en son milieu. C’est sûr, tant d'exhibitionnisme donne envie de pleurer... Et puis, un peu plus loin, un article encore bien musclé sur l’enfant de dix ans qui avait tué son père mais n’avait été condamné qu’à deux ans de prison. Sa mère était atterrée par un jugement si clément (enfin, si j’ai bien lu...). So shocking !
Un jour, j’écrirai un billet optimiste sur le Stadium des Émirats, où l’on consomme sans doute de la pinte au nez et à la barbe des talibans !

Le crapaud baveux.