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20 mai 2012

Pouf, pouf

Y a un truc que je comprendrai jamais, jamais, jamais : c'est les poufs irlandaises.

Ceux et celles qui vivent, ont vécu, ou même, sont venus en Irlande savent déjà de quoi je parle : les autres ne peuvent pas l'imaginer, parce que c'est tout simplement pas imaginable pour un(e) français(e) civilisé.

[lecteur nouvellement arrivé, oui, ce blog est un blog ethnocentriste et borné où on dit que l'Irlande, c'est nul, et la France, c'est mieux. Enfin pas tout le temps, mais des fois].

Donc, les poufs irlandaises, ce sont des femmes, vingtenaires (pourquoi ce mot n'existe-t-il pas ?), trentenaires, quadragenaires ou même quinquagenères, qui ont grandi et mûri avec l'idée que, quand on sort, on - euh - se fait belle. On se met sur son trente-et-un. On s'habille, quoi.

Ou plutôt, on se déshabille.

Une française, bien entendu sophistiquée et grâcieuse (car toutes les françaises sans exception sont sophistiquées et grâcieuses, on le sait bien), se maquillera les yeux de manière un peu plus prononcée que d'habitude, fera glisser sur ses lèvres un gloss légèrement pailleté, ou pas, un rouge un peu plus riche que d'habitude, ou un rouge tout court si elle n'en porte pas habituellement.

Elle sortira sont top à froufrous ou son chemisier au fil doré, son chandail épaules nues, ou une petite robe noire qu'elle portera avec un plaid sur les épaules.

L'Irlandaise, elle, sort la robe ultra- moulante à fleurs papier-peint ou son top archi-décolleté peau de léopard. La jupe sera obligatoirement ras le ponpon. Les jambes pleines de célullite et la taille/le dos pleins de bourrelets, bien entendu.


Puis elle mettra ces talons aiguilles trop gros ou trop vifs achetés 10 euros chez Penneys, et le tour est joué - pour ce qui est de l'habillement en tout cas.

Reste le visage. Une coiffure à la ah non c'est pas vrai j'ai oublié son nom tout ça pour ça elle est morte pour rien la chanteuse junkie de soul ou de house moi j'ai jamais su comment elle s'appelait déjà là l'anglaise à l'accent working class à couper au couteau complètement idiote mariée au junkie en prison ça y est Amy Winehouse.  Donc, une coiffure à la Amy Winehouse ou simplement un bon brushing pour mettre bien en valeur son carré dégradé à frange géante rouge lie de vin, et surtout, surtout, beaucoup, beaucoup trop de maquillage. De préférence, un fond de teint 3 ou 4 tons trop foncé. Du rouge à lèvres très, très rouge pour bien mettre en valeur la bouche. Du vert ou du bleu sur les yeux, histoire qu'on voie bien le regard.

Allez, hop ! On sort ! Comme il fait 30 degrés dans les pubs, pas de manteau ni de plaid, ni rien, même s'il fait (et il fait) 8 degrés dehors, et zou ! On va s'attrouper devant le pub en grelottant, le temps que tou(te)s les autres quadragenaires en peau de léopard /décolleté jaune paquerette se ramène. On grelotte bien comme il faut (ça fait bouger la cellulite) mais on ne montre surtout pas qu'on a froid, sinon tout le monde se poserait LA question qui fâche - mais pourquoi elle est habillée comme ça alors qu'il fait 8 degrés dehors ???


Moi ce que je me demande, c'est pourquoi leurs mecs les laissent continuer de s'habiller comme ça. J'imagine que leur maman faisait pareil et qu'ils ont grandi avec l'idée que : ta nana, quand elle sort, elle s'habille en pouf, ça fait rien, ses copines aussi, ça leur fait plaisir. Et faut surtout rien dire ou elle te fait la gueule pendant 1 semaine, donc faut les laisser faire, pas trop la regarder, pas trop se dire que c'est ta nana, boire sa bière, regarder le match, et laisser les nanas entre elles. Demain elles auront revêtu leur survêtement rose et bleu alors ça ira mieux.

01 août 2009

La baignoire

Y a un truc qui m’énerve.

C’est que les gens ne répondent jamais aux questions que tu leur poses.

 

Par exemple.

 

Tu prévois un jour, un seul, pour visiter de superbes châteaux à louer en la belle citadelle de des baraques à Cork.

 

Tu écris des mails aux agences pour visiter celles que tu as trouvées sur Internet en leur disant que tu aimerais visiter. En même temps, tu leur poses des questions existentielles du style :

 

Est-ce que ces cons de proprios ont foutu une espèce de rideau en pexiglas fixe sur le bord de la baignoire histoire que puisses pas du tout y accéder pour baigner les petits ? Ni pour la nettoyer, d’ailleurs ?

 

Tu précises que c’est un point ‘achement important pour toi parce que t’as un petit et un à venir et que voilà, t’auras besoin de les laver une fois de temps en temps. Et que donc c’est une condition sine qua non que celle-là.

 

 

La nana te répond en disant « 10h30 vendredi c’est parfait, merci de confirmer plus près de la date ».

 

Et pis c’est tout.

 

Et toi tu sais TOUJOURS PAS SI Y A UNE P*T**N DE BAIGNOIRE que tu vas pouvoir utiliser ou pas et donc si c’est la peine que tu ailles au rendez-vous.

 

Et t’es vénère.

 

Comme d’hab.

 

 

21 avril 2009

Les draps, II

Alors ce billet est dédicacé à Sandrine (coucou Sandrine !), qui, de retour en France après X mois en Irlande (combien ? un an ? 10 mois ?) indiquait sur Facebook qu’elle relavait TOUT son linge…

…et à Cracotte (coucou Cracotte !), qui demande pourquoi il est important de noter que les draps en polycoton sèchent plus vite que les draps en pur coton.

 

 

Ce matin, je disais à la Grenouille-Rosbif que je n’allais pas amener mes saucisses à l’aïl au boulot, parce que, haleine mise à part (m’en fous, je parle qu’à mon téléphone), l’air ambiant empesterait et que je ne voulais pas infliger ça à mes collègues.

A quoi il me répondit : « en parlant d’odeurs, il pue, ton gilet. »

 

Je ne me vexai pas, j’ai l’habitude.

 

Parce qu’ici, quoique tu fasses, et même si tu le fais sécher dehors, une fois deux TES HABITS PUENT.

 

En partie parce qu’ils sèchent trop lentement.

 

-          Si tu as la chance de pouvoir mettre ton linge dehors, tu as de toute façon une chance sur deux (euh, 4 chances sur 5) pour qu’il pleuve à un moment ou à un autre et que tu n’aies pas le temps de le rentrer (ou que tu ne sois pas là pour le rentrer). Ce qui ne fait rien pour accélérer le processus d’évaporation.

-          Si ton linge sèche à l’intérieur, tu as intérêt à le sortir INSTANTANEMENT de la machine et à placer l’étendage devant le radiateur. Allumé, bien sûr. Ton radiateur restera de toute façon allumé tout l’été parce que la température estivale moyenne ici est de 17 graaaaand maxi (selon les sources, ça va de 14.5 à 16.7) donc tu vas te les peler à un moment ou à un autre.

-          Même si tu as mis ton linge devant le radiateur, tu peux être sûr que si tu n’as pas parfaitement défroissé chaque article vestimentaire un à un, les plis ne sèchent pas correctement. Et ton linge puera.

-          Même si tu as mis ton linge devant le radiateur et que tu as passé 20 minutes à défroisser chaque petit pli de ton linge, tu as une chance sur deux que ton linge pue.

 

Temps de séchage par temps sec devant le radiateur : 36 à 48 heures.

Temps de séchage à côté du radiateur (et non devant) : 48 à 60 heures.

 

 

D’après mes sources sur la worlde waïde ouèbe, lorsqu’il pleut à Lyon ou à Marseille, le taux d’humidité grimpe laborieusement vers 75 %. Lorsqu’il fait sec il est autour de 55% (ouais t’as vu ? Je me suis documentée !) en cette saison.

 

Lorsqu’il fait sec à Dublin, le taux d’humidité plonge timidement vers 76%. Sachant qu’en temps normal il gravite autour de 80%.

 

Ce qui explique cela.

 

La solution, évidemment, c’est d’avoir un sèche-linge.

Mais.

Ici, les appareils ménagers sont fournis par les propriétaires. Il est rare de trouver une location avec un sèche-linge.

Un sèche-linge, ça bouffe de l’électricité. Vu le prix de la bête ici et le coût général de la vie, on évite.

Donc, tu n’as pas de sèche linge.

 

Donc, ton linge pue.

 

 

 

Donc, si tu penses que les draps avec du polyester sèchent plus vite que les draps en coton… ça peut être un argument de taille pour les adopter (…ou pas). Et ça peut expliquer pourquoi ils sont si populaires ici…

Les draps

Un des mes gros défauts en matière de blogging/bloguisme/blogage, je le reconnais, est que je vous promets tout un tas de choses et que je ne tiens souvent pas parole.

 

Et en effet, si ma chère Elise (coucou Elise !) ne m’avait pas réclamé la photo des poissons (très mal cadrée, je vous l’accorde - mais allez-y, dans ma salle de bains, vous verrez qu’il n’est pas si facile de prendre une belle photo de vieille porte en bois pourrie mal peinte qui rende bien tout en dissimulant le plus possible le fait que c’est une vieille porte en bois pourrie mal peinte.), elle serait toujours dans le dossier photos de mon PC, ayant certes fait son chemin depuis ma tête vers l’objectif puis jusqu’à un disque dur – mais n’ayant pas passé le stade du lien hypertexte.

 

Et puis je vous ai dit que je vous parlerais des draps du Poulet et que je vous expliquerais pourquoi il fallait que je les ramène au magasin.

Et puis je ne l’ai pas fait.

[Ne cliquez pas sur le lien, ça ne sert à rien, je l'ai mis parce que c'est fun mais le très long billet auquel il renvoie contient en tout et pout tout une phrase sur le sujet tout à la fin. Ca n'a vraiment aucun intérêt].

 

 

Comme je sais que cette question vous titille au plus haut point, j’ai décidé de vous faire une faveur, de surmonter l’angoisse que j’ai face à l’abord d’un sujet aussi sensible et délicat, et de me lancer dans ces complexes explications.

 

 

 

Nan pasque voilà, le truc avec les draps, c’est que.

 

 

 

Ici, en Irlande, au pays du savoir-vivre et de la sophistication, le naturel est à l’indigène ce que l’eau est au chaton.

 

(Rha, ça y est, ça daube l’Irlande, mais rentrez chez vous, bande de Grenouilles racistes, si ça vous déplaît à ce point !)

 

(merci, j’ai entendu et compris votre commentaire sur mes propos désobligeants et stéréotypés. Cependant. Cependant rien. C’est mon blog, etc. etc.).

 

De même, donc, que boire de l’eau pour se désaltérer est une chose impensable et que le breuvage de choix sera toujours la Guinness ou le coca, selon la classe d’âge…

 

(… pff, même pas vrai, la Guinness c’est pour les touristes…  et pis c'est cher. Les Irlandais boivent plutôt la Murphy's, la Kilkenny ou la Smithwick's. M'apprend une page web que je ne vous mets pas en lien parce qu'elle dit aussi que les Irlandais boivent de la Guinness. Je n'en crois pas un mot.)

 

… de même l’Irlandais ne peut dormir dans du coton.

 

Le coton l’irrite. Le coton met longtemps à sécher (hm, bon point… à méditer…). Le coton doit se repasser (hm... à méditer aussi ?). Le coton…

Ben j’en sais rien, mais à moins d’être égyptien et très cher, le coton n’est jamais l’ingrédient unique du drap irlandais. Celui-ci contient invariablement et où que vous l’achetiez (ami lecteur, je te mets au défi de me prouver le contraire ! Et oui, merci, Loune, je tenterai NEXT) du polyester.

 

 

Ce qui me pose problème.

 

 

Car :

 

1)      le Poulet transpire comme un ogre dans ses draps en plastique (vous ne saviez pas que les ogres transpiraient ? Maintenant vous le savez).

2)      Avec tout ce qu’on entend sur les matières synthétiques (stérilité, cancers, stérilité, cancers, cancers, stérilité, asthme, allergies...) je préfère les éviter.

3)      D’une façon générale je suis d’avis que la solution naturelle est préférable. Voir ma position (revue et corrigée désormais) sur l’acide folique. (Voir aussi toutes les choses que je fais dans ma vie quotidienne qui contredisent totalement ces propos et m’ôtent toute crédibilité, bref, on n’est pas dans Le procès, je vous explique pourquoi j’ai ramené les draps. Period.)

 

 

Donc, ayant observé cette chose et ayant décidé, de concert avec la Grenouille qu’est d’accord avec moi (hein, Grenouille ? Viens me soutenir un peu, là !) j’ai opté pour la solution Retour des articles en boutique, et notamment chez Argos (ouais, Argos ! C’est notre Redoute à nous. Sauf qu’ils ne font pas de fringues…).

 

Donc.

 

Le Pouitch a désormais en tout et pour tout UN drap et UNE housse de couette, et il faut que je passe au plus vite commande à la Redoute (ben non, Maman, je ne l’ai toujours pas fait, c’est la faute à la carte bancaire et à la Grenouille qui ne me laisse pas l’ordinateur (la bonne excuse)) afin que mon Pouitch encore fertile (enfin, j’espère) n’use plus ses glandes sudoripares et ne se rende pas stérile dans des draps en plastoc, en espérant que lorsque ce Poulet décide de ne plus se lever 3 fois par nuit pour faire pipi cela ne se soldera pas par un drap mouillé à 3h du mat.

 

Correcteur orthographique, va te faire voir avec tes phrases longes (réécriture conseillée). C’est mon trademark.

 

 

 

20 janvier 2009

Hé, toi, là ! (apostrophes)

 

 

Si j’étais une grosse pédante donneuse de leçons, je rappellerais au monde la juste manière d’utiliser les apostrophes. Je serais, de fait, très énervée par la façon dont ces pauvres bêtes sont malmenées quotidiennement. Je dirais, pour rappel, qu’une apostrophe remplace une lettre dont on fait l’élision - autrement dit, qui existe théoriquement dans un mot mais qui en l’occurrence, en est absente.

 

Si j’étais cette horrible personne pointilliste et irascible, je m’insurgerais contre l’usage orthographique populaire qui semble vouloir écrire abréviation d’« il y a » avec une apostrophe entre l’adverbe et le verbe, soit « y’a ». Avec impatience je commenterais que, dans la forme développée de cette locution, aucune lettre ne manque entre le « y » et le « a », et que la présence d’une apostrophe n’est par conséquent en aucun cas justifiée ; que par ailleurs, même le « il » manquant, constituant un mot à part entière et non une lettre isolée, n’a pas lieu d’être représenté par une apostrophe (sur ce dernier point je m’en remettrais tout de même à des instances plus hautes, car toute pointilliste et irascible et donneuse de leçons que je serais, je me trouverais bien en peine de fournir une indication sûre la question).

 

Je poursuivrais mon argumentaire en corroborant mes propos sur cet usage décadent par un autre exemple, tout aussi erratique et hérétique, celui des « y a-t’il », que je n’aurais pas manqué de repérer et de marquer d’une croix rouge au chapitre des « most objectionable human practices » de ma mémoire.

 

Mais comme je l’ai déjà admis, je suis moi-même loin d’être infaillible en matière d’orthographe, et je ne suis ni pédante ni donneuse de leçons ni pointilliste ni irascible. Je me tairai donc. Et continuerai de passer sur ces petites maladresses orthographiques avec bienveillance et compassion.

07 janvier 2009

Le Dentiste

Mes dents me font mal, mais c’est sûrement un truc à voir avec la lune. Ou alors avec la période du mois. Ou avec le froid.

En tout cas il est impossible que j’aie des caries, je n’en ai jamais eu de ma vie. J’ai des dents d’enfer. Indomptables, les bêtes ! Ma dernière visite chez le dentiste remonte à deux ans à peu près et mettait un terme à de 13 ans d’abstinence. Un petit détartrage, une petite radio, 57 euros et hop ! Rien à signaler.

 

« Où est-ce que ça vous fait mal, alors, demande le dentiste, en m’allongeant sur la chaise de torture ?

- Oh, la vache ! Ah oui, d’accord. C’est pas joli joli, ça, hein, vous avez bel et bien une groooosse carie. Bon, Catherine, vous notez ? Alors je vérifie la jonction* de 1 et 2, la 3 OK, la carie, la 5 carie, la 6 à vérifier, la 7 OK, la 8 petite carie… »

 

20 minutes plus tard il se penche au-dessus de moi, me montrant les petites radios blanches et grises… et noires.

 

« Vous voyez, là?

 

Celle-là, oui, je la vois… C’est celle qui me fait mal. A cause de la lune… Je me mords la lèvre.

 

« Et celle-là, là, regardez. Là c’est blanc, là, c’est gris, là, au milieu c’est un peu plus foncé. Là, donc, c’est la partie vivante, c’est normal, tout va bien. Mais là, vous voyez, là, la petite ligne noire ?

 

Je ne vois pas.

 

- Si, si, regardez, là ! Non ? Bon, ben, on va en prendre une autre, plus visible. Regardez celle-là… euh, non, sur celle-là c’est peut-être pas évident… Ah, celle-ci, regardez, celle-là on ne peut pas la louper ! Le noir, là, qui rentre dans le blanc. Vous voyez ?

 

Je ne vois pas.

 

- Si si, regardez bien, là ! Là, c’est blanc, ça va… et là, là, juste là, ça commence… on le voit bien, l’autre côté de la dent n’a pas la même tête. Vous voyez, non ?

 

Je ne vois pas.

 

Alors soit je suis l’empereur et lui mon taylor qui is rich, soit je n’ai pas fait 10 ans d’études.

J’opte pour la deuxième explication, aimant faire confiance aux gens, et lui décroche mon plus beau sourire de blonde vénitienne et lui dis « Non, mais bon, je vous crois ! » (Non, en fait, pas de sourire, je suis dégoûtée. Laissons tomber les embellissements littéraires et poursuivons.)

 

 

- Le problème, me dit le Dentiste, c’est que vous n’utilisez pas de fil dentaire. Du coup vous loupez la moitié des surfaces à nettoyer ! Regardez, je vous montre comment faire…

 

Il m’enfonce le fil jusqu’en bas de la gencive, presque sous la dent. Entre la gencive et la dent. Entre la gencive et la dent ?? Mais je ne savais pas moi, qu’on pouvait faire passer des choses entre la gencive et la dent !!! Je croyais que c’était fermé, moi, cet espace-là ! Que les gencives étaient accrochées à la dent ! Apparemment non. Ca saigne. Et ca fait mal.

 

« Oui alors, si ça saigne, c’est normal, hein. C’est bon signe. Il ne faut pas arrêter, au contraire. Vous brossez bien, et au bout de deux, trois jours, ça ne saignera plus. Donc vous faites ça tous les soirs. C’est trèèèès important ! »

 

Je me rhabille, et le suit à l’accueil, où nous programmons une seconde séance de torture.

 

C’est l’heure de sortir le portefeuille.

 

« Donc, dit mon cher homme en blanc, pour aujourd’hui ça fera 85 euros. Je ne vous ai pas fait de nettoyage, je le ferai la prochaine fois.

 

- Pour la prochaine fois, on fera le plombage – si ce n’est pas trop tard – alors ça fera 170, plus celle d’à côté, 120, donc 290.

- 290 !

- Ah oui, et le nettoyage, 50.

- Donc 340 ?!

- Voilà, oui… Et… j’espère que nous arriverons à juguler ça avec un plombage profond, parce que sinon… il me regarde d’un air ennuyé… sinon il faut passer à l’endodontie et là… il grince des dents… là ça va chercher dans les 650.

- EUROS ?

- Eh, oui, hélas ! Donc j’espère pour vous qu’un plombage suffira… On y arrivera peut-être !

 

La prochaine fois peut-être penserai-je à lui demander, s’il trouve ses tarifs si horripilants, pourquoi il ne les baisse pas…?

 

 

 

* Oui alors qu’on me pardonne la terminologie, hein, suis pas dentiste, et j’ai autre chose à faire de ma journée de travail que de chercher le mot exact ! Bon !

10 décembre 2008

Le Père Noël en visite

La ville de Dublin organise un marché de Noël.

C’est bien.

La ville de Dublin organise un Papa-Noël pour les petits enfants, qui fera un premier point sur qui a été sage et qui ne l’a pas été. Évidemment, tout le monde aura eu une conduite exemplaire, donc tout va bien.

La ville de Dublin organise une distribution de cadeaux par le père Noël et ses collègues.

Pour avoir un cadeau, il faut payer 7 euros 50.

Moralité : petit enfant innocent qui te promènes sur les quais de Dublin, apprends bien vite la leçon de la vie : sage ou pas sage, si t’es riche, tu t’en sortiras toujours. Si t’es pauvre, ramasse tes dents, même le père Noël ne peut rien pour toi…

16 octobre 2008

Découverts !

 

Entrez votre login.

XXX

Entrez les trois premiers chiffres de votre mot de passe.

123.

BONJOUR, MONSIEUR GRENOUILLE !

AVEZ-VOUS PENSE A DEMANDER UNE AUTORISATION DE DECOUVERT ? PAS ENCORE ? ALORS DEPECHEZ-VOUS !

IL NE VOUS FAUDRA PAS PLUS DE TROIS MINUTES POUR REMPLIR NOTRE FORMULAIRE DE DEMANDE D'AUTORISATION DE DECOUVERT ! OUVREZ LA PORTE A VOS REVES !

 

 

Grenouille : on n'a pas d'autorisation de découvert?

Grenouille-Rosbif : ben non, j'crois pas.

Grenouille : on en demande une ?

Grenouille-Rosbif : ouais, si tu veux.

 

Madame, Monsieur,

Merci de votre demande d'autorisation de découvert.

Nous avons le regret de vous informer que nos services n'étant pas établis sous des mesures de sécurité sécurisés, nous sommes dans l'obligation de refuser votre demande.

On a bien reçu votre demande de découvert. Mais en fait, euh... Vous rêvez, ou quoi ? Malheureusement, vous êtes de pauvres loques, vous n'avez pas assez de thunes et on vous connaît à peine.

Donc, NON.

Nous espérons que ce refus ne provoquera pas de scène de ménage au sein de votre foyer.

En tout cas, merci d'avoir essayé.

On vous aime quand même,

Bien cordialement,

Eugénie Leriche, directrice ventes

 

Nan mais je rêve.

Pff, on s'en fout, on s'en serait pas servis...

 

15 octobre 2008

Tentative

Faut dire ce qui est, je fais des efforts.

 

Ca ne se voit peut-être pas beaucoup, mais j’en fais.

 

Tenez, par exemple : j’ai décidé de lire de la littérature irlandaise.

 

Je me suis donc rendue à la bibliothèque, au rayon susnommé. J’y ai choisi, au hasard, un recueil de nouvelles. Un recueil dont l’auteure a été nominée, sinon récompensée, pour de nombreux prix. Je me dis que ça promet. Qu'entre ces pages, je vais découvrir la richesse d'une culture dont j'ignorais tout, mais tout (harpes et leprechauns mis à part) jusqu'à l'âge de 29 ans, et que je vais peut-être, par ce biais, me prendre d'affection pour un pays qui pour l'instant, pour la plupart, me laisse, hélas, de marbre.

 

Bien. Et donc ?

 

Ben, je vais vous dire.

 

C’est pas que ce ne soit pas bien. Non, non, les textes sont bien écrits, les procédés dont use l’auteure pour suggérer puis confirmer petit à petit une chute jamais ouvertement dévoilée, sont judicieux.

 

Mais voilà. Les sujets abordés sont les suivants :

 

- Une mère alcoolique qui s’ouvre les veines.

- Une mère atteinte d’un cancer fulgurant qui dévoile à sa fille que ce n’est pas sa fille mais plutôt celle de sa sœur et, si j’ai bien compris, de son père, aussi, quand même (on n'est jamais abandonné des deux mains).

- Un gars qui dort à côté de sa copine qu’il a étranglée puis embaumée un certain temps auparavant, selon les principes qu’en bon croque-mort professionnel, il maîtrise parfaitement.

- Une prostituée qu’un client engrosse et qui jette son nouveau-né à la poubelle, ce dernier étant découvert par la suite par son propre demi-frère (le fils du client, quoi)…

 

 

Le tout sur fond de rivière Liffey, de Guiness, de mots en f* de boucles d’oreille Esmeralda.

 

Avouez que pour une première lecture prise au hasard, cela donne une image peu reluisante de la culture de cette affreuse île grise magnifique île emeraude…

 

05 octobre 2008

Bus... ou pas

Sur la ligne rouge du Luas, le tram dublinois, l’arrêt Blackhorse a la chance de toujours être le dernier avant la débâcle.

Ainsi, par exemple, ce vendredi, les 8 arrêts après celui des Grenouilles étaient fermés. Encore une fois. En raison d’un problème électrique au niveau des méga travaux de l’échangeur de la M50. Un problème électrique lié aux méga travaux de l’échangeur de la M50 ?

Toujours est-il que la Grenouille-Rosbif arriva vendredi matin, pour trouver que le tram arrivant de centre-ville y repartait aussi sec, sans prolonger plus loin son parcours.

Ce qui ne posait aucun problème à la Grenouille-Rosbif, puisqu'elle se rendait elle-même en centre-ville ; mais ce qui l'amena tout de même, altruiste invétérée qu'elle est, à s'interroger sur le bien-être des nombreux passagers à destination du terminus abandonné.

Elle en profita pour s’enquérir auprès du représentant de la société de transport, repérable par son joli veston fluo, de la marche à suivre en pareil cas pour se rendre dans les zones industrielles ouest et sud de Dublin.

- Il y a un service de bus pour remplacer le tram ?

- Les billets sont effectivement valables dans le bus aussi.

- Oui, mais y a-t-il un service de bus pour remplacer le tram, pour les gens qui devaient continuer ?

- Ah, euh... non... Vous allez à l’arrêt de bus et vous prenez le bus pour l’endroit où vous allez, quoi.

La Grenouille-Rosbif devint tout à Grenouille et se mit à bondir, à ce moment-là, en son for intérieur. En France, en douce France, (en tout cas en province, car Paris, connais pas), un bus se serait empressé de venir au secours des pauvres voyageurs et notamment travailleurs, perdus au milieu de Dublin 8, sans transport pour les 10km restants !

Mais oui, je sais, nous ne sommes pas en France. Arrêtons l'ethnocentrisme, et adaptons-nous ! Et allons voir au prochain arrêt de bus pour y consulter le plan et voir quel bus se rend là où on veut aller.

Ah bon, les arrêts de bus ne sont jamais dotés de plans?

Ah bon, il n’existe pas de plan officiel qui montre les tracés des lignes de bus? Ah, il faut connaître par cœur tout le réseau de bus ou se promener en permanence avec un faux plan, et disposer toujours de 10 minutes de rab pour pouvoir décortiquer ce dernier ?

Ah bon.

Bon, ben vive l’Irlande et son super service public.