22 octobre 2009
La mère qui n'aime pas jouer
La Grenouille-Rosbif n'est pas une mère Comme il faut. La Grenouille-Rosbif, ça la barbe de jouer avec son fils. Voilà, c'est dit.
C'est très simple, quand la Grenouille-Rosbif joue avec son fils, elle n'a le droit de faire qu'une chose : regarder. Pasqu'il faut comprendre que les trois quarts du temps, le jeu en question se transforme en préparation de cadeau. Pour la Grenouille-Rosbif. Ce qui, convenons-en tout de même, est fort généreux et fort sympathique. La Grenouille-Rosbif aime bien les cadeaux.
Aujourd'hui, par exemple, le cadeau, c'est le milieu du puzzle ; ouais, pasque, la Grenouille-Rosbif a tout de même eu le droit de faire le contour du puzzle (dans l'ordre indiqué par le Pouitch Boss, bien entendu.) Mais elle n'a pas eu le droit de toucher au milieu.
"No, cos that's your present, a expliqué le Pouitch.
Quand le puzzle est terminé, la G-R s'exclame : Oh ! le joli gâteau ! Ouais, parce qu'au coeur de la scène de supermarché trône un énoooorme gâteau au chocolat.
- Yummy, dit la G-R, that looks lovely !
- Yes it is, dit le Pouitch, it has chocolat and Ovaltine and cream in it, and eggs.
- Yummy ! dit la Grenouille-Rosbif, dont l'estomac a encore un peu du mal à se remettre de l'assiette de frites-saucisses trop salées achetée à l'indoor play centre à midi.
- And vegetables! poursuit le Pouitch.
- Vegetables ? dit la Grenouille-Rosbif, qui essaie de ne pas penser à la scène de desperate Housewives - l'unique épisode qu'elle ait commencé à regarder aujourd'hui, pendant la pause post-retour.
- Yes, dit le Pouitch, vegetables!
- That's strange, dit la G-R. In fact, that can't be very nice!
"Mauvaise réponse", se dit la G-R, on doit encourager les enfants à manger des légumes, et non leur dire que c'est beurk. Ouais mais, faut-il lui mentir ? En rentrant du centre de loisirs, on a passé 20 minutes à formuler des exemples de bobards, pour expliquer le concept de "porkie pie".
Là, maintenant, il faut dire que la G-R commence sérieusement à fatiguer. D'autant que la position assise sur la canapé, penchée vers la table basse, ne lui convient pas tellement ; bébé est tout écrasé, et l'estomac, les intestins et la vessie de la G-R aussi. Elle a fait sa BA en réalisant deux puzzles (c'est nettement moins drôle la troisième fois qu'on les fait, il faut le dire), et elle aimerait bien retourner sur son fauteuil moelleux devant l'ordinateur, sur son forum de mamans, sur son blog, ou regarder en douce la suite des D.H. Juste un épisode, mince, c'est pas la mer à boire.
- Do you want to know what sort of vegetables it has in it? demande le Pouitch.
- Uhuh, dit la G-R, en essayant de se montrer fort enthousiaste ; au moins cela lui permettra de voir si le Pouitch connaît ses légumes. ce qui n'était pas le cas il y a trois semaines. ("Mummy, what's vegetables?")
- There's carrots, dit le Pouitch.
- Ooooh! s'exclame la G-R.
- And potatoes! poursuit le Pouitch.
- Aah! dit la G-R.
- And onions! dit le Pouitch.
- Uhuh? dit la Grenouille-Rosbif.
- And leeks! continue le Pouitch.
- Oh! s'exclame la G-R avec un enthousiasme un peu moins feint cette fois - car le Pouitch, manifestement, connaît ses légumes.
- And pasta! dit le Pouitch.
- That's not a vegetable! dit la G-R.
- It's just in case, explique le chef ; just in case you don't like it.
- Ah, dit la G-R. I see.
Cinq minutes plus tard, toujours face à la table basse ornée d'un joli puzzle 24 pièces, on est passé à l'énumération des jouets qu'il faudra pour la fête avec les petits enfants (ben oui, s'il y a cadeau, c'est qu'il y a anniversaire, s'il y a anniversaire, c'est qu'il y a fête avec tout plein de petits enfants. Youp !)
- What sort of toys do you want, Mummy? dit le Pouitch.
- Um, well, I'm not a fan of toys, you know, and in fact, you know, right now I just need to...
Mais la G-R n'a pas le droit de se lever.
- But they're for the children, dit le Pouitch, stay here! So what sort of toys?
- Well... a train?
- I don't have a train, sorry Mummy.
- Ah, well... a yoyo?
- I didn't buy a yoyo, sorry Mummy.
- Well, never mind, dit la G-R, en se levant, maybe we don't need toys!
Et elle se lève pour ramener la tasse de tisane vide à la cuisine, reposer le sopalin sur le plan de travail, et gagner du temps.
- Mummy, where are you going, what are you doing? I'm talking to you! I have lots more things to tell you, come back and sit on the sofa!
la Grenouille-Rosbif retourne s'asseoir sur le canapé, le coeur lourd.
Il faut jouer avec ses enfants. Il faut être présente. Il faut les encourager dans leur jeu. Il faut participer et les valoriser. Surtout quand le deuxième est en route et que bientôt, tout ça ne sera plus possible. Donc.. on se rasseoit sur le canap, et on se fait apporter des cartons de jouets, même ceux qu'on a refusés. Et on sourit. Et on dit merci. Et on pense à son bon fauteuil, à son écran d'ordinateur, ou à son lit.
Et on se dit que décidément, on est vraiment une mauvaise mère.
18:23 Publié dans La vie de SAHM d'une Grenouille-Rosbif | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
N'empêche...
A 9h01 la lessive était en route.
(précisions pour la petite histoire que je me suis levée à 8h30)
A 10h05 la vaisselle du petit déj est faite et je m'apprête à monter les chemises repassées il y a 4 jours.
Je m'en sors plutôt pas mal, non ?
Allez, on se douche, on s'habille, et on va au Supernova de Ballincollig. Ouais je sais, ça vous dit rien. C'est encore une aire de jeux intérieure. Ca se fait bien ici. Je vous en donnerai des nouvelles. Ou pas.
(Vous me le dites si j'abuse du barré ?)
11:07 Publié dans La vie de SAHM d'une Grenouille-Rosbif | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21 octobre 2009
Comment être une perfect housewife
Ce matin, en regardant l'épisode 17 de la saison 4 des Desperate Housewives (no d'un chien, j'ai bien avancé, hein, vous trouvez pas ?), j'ai pris une feuille A4 blanche que j'ai plié en deux, j'ai pris un bic noir, et j'ai fait une liste.
C'est le genre de liste qu'on a envie de faire sur la toute première page d'un bloc notes tout neuf, mais enfin on n'a pas un stock entier de bloc notes tout neufs pour chaque liste qu'on fait, alors le plus souvent on est contraint d'utiliser une feuille A4 pliée en deux. C'est vrai, ça enlève un peu de valeur à la chose. M'enfin c'est mieux que rien.
Donc. C'était la
Liste des choses à faire pour être une parfaite maîtresse de maison.
La voici :
1) Débarrasser la table du petit déjeuner avant d'emmener le Pouitch à la crèche. Dans l'idéal, faire tout de suite la vaisselle. Trois bols ça ne prend pas non plus 15 ans à laver.
2) De retour de la crèche, regarder un épisode des Desperate Housewives mettre une lessive en route.
3) Après avoir mis la lessive en route, regarder un autre épisode des Desperate Housewives ranger les trucs qui traînent, monter le reste de la lessive pliée la veille, le cas échéant, tout ça, quoi.
4) Regarder un troisième épisode des Desperate Housewives, piske manifestement la matin on n'est pas coupée comme le soir Etendre la lessive/plier la lessive qui séchait/laver l'évier de la cuisine/laver le lavabo de la salle de bains.
5) Pause-café bien méritée : regarder un épisode, juste un, des Desperate Housewives. On est enceinte, après tout, faut pas trooop en faire.
6) Se préparer un petit repas, puis le manger.
7) Récupérer Pouitch, faire la vaisselle de midi pendant que celui-ci regarde Youtube et que vous vous matez un quatrième épisode des Desperate Housewives joue avec ses puzzles.
8) Jouer avec Pouitch, à la pâte à modeler, lui lire une histoire, etc.
9) Commencer à préparer le repas du soir.
10) Sortir au square.
11) Rentrer à la maison, finir de préparer le repas du soir pendant que le Pouitch fait des jeux vidéo fait du coloriage.
12) Glander sur Facebook et regarder ses commentaires de blog pendant que la Grenouille, enfin rentrée du taf, c'était pas trop tôt, joue le Papa parfait avec le Pouitch Acceuillir son petit mari, lui servir un apéro bien mérité, et mettre la table.
13) Manger de bonne heure, débarrasser la table, faire la vaisselle, et s'installer devant l'ordinateur pour finir l'épisode de tout à l'heure, vu que vous avez fini par être coupée mais que là, ça fait plus d'une heure, alors vous pouvez de nouveau regarder sur le canapé à bouquiner en buvant de la tisane.
Kes vous en pensez, c'est pas mal, non ? Je vais essayer de m'y tenir. Je commence demain.
P.S. Note pour les maris, mères, et belles-mères qui passeraient par là : c'est un blog. Il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre. Des fois, on exagère un peu, ça s'appelle la licence poétique. Ca va, vous êtes rassuré(e)s ?
15:00 Publié dans La vie de SAHM d'une Grenouille-Rosbif | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
The gate, ou le combat au quotidien
"No, no, no, no ! s'exclame le Pouitch en exécutant son acte de pleurnicherie à trois sous, I don't want you to open the door!
Evidemment, j'ai froissé la susceptibilité de ce monsieur : j'ai eu le culot d'ouvrir la porte de la maison avant que sa majesté n'ait daigné descendre de la voiture. Et pour cause : il a mis trois heures à quitter son siège, occupé qu'il était a faire "waa, waaa, waaa", et à jouer le bébé.
Moi, j'ai suivi mon bonhomme de chemin, et j'ai ouvert la porte, consciente, soit dit en passant, de l'orage que je risquais de déclencher.
- Oh, well, dis-je, point perturbée par ces protestations ô combien habituelles, I'm sorry, you know, but that's what we do after we get out of the car. We open the house door.
- But but but but-
- Tristan ! dit mon ton de voix autoritaire, celui qui ne marche jamais en ce moment qui dit qu'on ne badine pas avec la Grenouille-Rosbif, non mais, I want to go into the house, so I am-
- But Mummy, look, there's a gate !
Ah. La revoilà, celle-là. La barrière invisible. Celle qui surgit subitement sur la troisième, la septième et la onzième marche de l'escalier, en général pile au moment où là vous ne pouvez vraiment vraiment, vraiment plus vous retenir de faire pipi. Celle qu'on n'ouvre qu'avec un couteau spécial, en faisant "tchak, tchak, tchouk! There you go Mummy, it's open now!"
Celle qui fait que vous ne pouvez plus vraiment vous fâcher, puisque le Manuel de la Bonne Mère dit que vous devez jouer avec votre enfant et l'encourager à utiliser son imagination débordante. D'autant que vous soupçonnez l'inspiration d'Azur et Asmar, merveilleux petit dessin animé de Michel Oslo, et que vous ne voulez en aucun cas décourager les références à ce film.
Donc. Vous décidez de jouer le jeu.
"Oh, dear, there's a gate, is there? Oh, I see. Well, open it quickly, then!"
Votre bébé de -2 mois prend ses aises dans votre ventre. Vos fesses meurent d'envie de se poser deux secondes dans un fauteuil.
- But but but but Mummy...
- What...?
Votre utérus se contracte doucement. Vos abdos tirent. Votre bébé menace de sortir par votre nombril. Vous avez très, très envie de vous asseoir.
- But Mummy, look, there aren't any knives !
- Yes there are, Tristan, come on, just cut the gate open, and let's go in!
- But no, look, there are no knives !
Votre Voix autoritaire, celle qui ne marche jamais en ce moment dit qu'on ne joue pas avec les nerfs de la Grenouille-Rosbif, a trouvé une ruse.
- Oh, well, I'll just have to go round the back way, 'cos I want to get into my house!
Vous partez d'un pas ferme vers l'arrière de la maison, pour rentrer par la cuisine.
Mais les petits petons, qui battent à plate couture vos pas de baleine, ont vite fait de vous rattraper.
- But no, there's no knives round the back either!"
Il vous faudra attendre cinq minutes avant de parvenir à rentrer dans votre maison.
Elle est dure, la vie de Maman.
14:38 Publié dans La vie de SAHM d'une Grenouille-Rosbif | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pouitch borné, autorité, jeu d'enfant
19 octobre 2009
Zeu puzzle, sacré casse tête
La Grenouille-Rosbif et le Pouitch se rendent au magasin de jouets.
Objectif de l'expédition : acheter un/des puzzles.
C'est une chose que la Grenouille-Rosbif a suggérée au Pouitch, après s'être rappelée à quel point ce dernier était doué pour cet exercice, et après avoir constaté que les puzzles en la possession dudit génie ne le distrayaient plus, étant donné qu'il les avaient tous réalisés entre 15 et 50 fois chacun.
"I want a train puzzle dit le Pouitch.
Oui, mais, dans le magasin, il n'y a pas de puzzle avec un train dessus. Sauf un Thomas and Friends, 24 pièces, bien trop faciles pour le chérubin assembleur.
- Mummy, dit le Pouitch, en apercevant un carton géant comprenant un circuit de chemin de fer en bois avec ponts et arbres et tout le tralala, why aren't we buying this train?
- Because, dit la G-R, you already have TWO trains. And we're not here for trains. We're here for puzzles. Look, what about this one?"
La G-R a finit par repérer les trois puzzles à 50 pièces, ce qu'elle cherche désormais pour l'enfant que voilà.
Peppa Pig ayant dernièrement fait son apparition parmi les Favoris de compte Youtube du foyer, il semblerait que ce soit une option envisageable.
"I want to look, dit le Pouitch, en prenant la boîte Peppa Pig des mains de sa mère, mais en parcourant toujours du regard les rayons pleins de 5 pièces, 500 pièces, mais très peu de 50 pièces.
- I want three puzzles, dit le Pouitch, sans se prononcer sur le choix du modèle.
- Yes, well, we'll see, répond la mère, en se disant qu'en effet, il y a tellement de boîtes de deux ou trois puzzles, voire plus, qu'il serait presque bête de repartir avec une seule nouveauté.
- Or this one, poursuit la G-R, en repêchant un pack Mister Men aux graphismes fort déplaisants ; mais voilà, trois 50-pièces en une boîte, ça ne se refuse pas.
- Or this one, dit-elle encore, en trouvant un ensemble de deux puzzles à 70 pièces montrant un petit monstre qui ne range pas sa chambre.
La G-R fait un peu la mou et espère que son fiston n'approuvera pas ce choix, parce que d'une part, passer subitement de 35 pièces à 70, c'est peut-être un peu extrême, mais aussi parce que le modèle "petit monstre qui ne range pas sa chambre" n'est pas forcément ce que l'on souhaite pour un enfant de bientôt 4 ans à qui on tente désespérément d'enseigner un semblant de notion de discipline.
- I want three puzzles, dit le Pouitch. I want a train puzzle.
Et il se saisit d'un train à 6 pièces.
- Yes, well, dit la G-R, that one is a wee bit easy.
- I want it, dit le Pouitch.
- No, dit la G-R.
Le Pouitch repère une boîte de 10 puzzles Dora l'exploratrice comprenant aussi bien du 20 pièces que du 49 pièces. La G-R n'aime pas Dora l'exploratrice. D'abord Dora, ici, on ne connaît pas, on n'a pas la télé, et on n'est encore jamais tombé dessus lors des séances de zapping sur Youtube. Le Pouitch finit par trouver une boîte de 6 puzzles Peppa Pig, ce qui est davantage dans la lignée de ce que l'on cherchait.
Choix approuvé, c'est décidé, allons payer.
Enfin, faisons d'abord un petit tour par les transats histoire de penser un peu au bébé, une fois n'est pas coutume.
Puis allons aux caisses.
- But Mummy, dit le Pouitch, en donnant la grosse boîte en carton à la vendeuse, why are we not buying a toy?
- We are buying a toy, darling, dit la mère, la main sur la carte bancaire. We're buying a puzzle.
- But why aren't we buying a toy? dit le Pouitch.
- Um, Tristan, if you don't want this I'm not going to pay 13 euros for it. Do you want it or not? We can still bring it back.
- Why aren't we buying a toy?
La G-R, qui vient de passer 20 minutes à sélectionner un puzzle, et n'a pas tellement envie de rentre à la maison les mains vides (d'autant qu'elle sait pertinemment que si on devait faire ça, elle entendrait protester bruyamment à peine retournée dans la voiture) tente de cacher sa consternation à la caissière, qui attend posément qu'un verdict soit prononcé, étant donné que ce petit morveu n'est manifestement pas du tout content de ce qu'on daigne lui acheter mais en veut encore plus.
- Allez-y, passez-le, dit la G-R, en essayant de ne pas songer au jugement qui vient d'être prononcé intérieurement par la caissière.
Bad Mummy, Bad Mummy, Bad Mummy, dit sa Conscience. La Grenouille-Rosbif tape son code de carte. Prend le reçu. Prend le Pouitch à part.
Le Pouitch a réfléchi.
- Mummy, demande-t-il, is this a toy?
- Well, dit la G-R, it's... yes, it is, I would say... It's fun to do, you play with it, and we're buying it in a toy shop. So yes, it's a toy.
- But Mummy, dit le Pouitch, why aren't we buying a Thomas toy?
La Grenouille-Rosbif prend le Pouitch par la main et l'amène à la voiture, en se demandant pourquoi c'est si compliqué d'être Maman.
18:57 Publié dans La vie de SAHM d'une Grenouille-Rosbif | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15 octobre 2009
Où la Grenouille-Rosbif a un éclair de lucidité
En fait, c'est vachement mieux de laisser sa maison toujours un peu en bordel.
Pour les invités potentiels, je veux dire.
Nan pasque, bon, la fille comme toi, bordélique, désorganisée, et qui, franchement, s'en fout un peu, au fond, qui rentre dans une maison comme la sienne, ben elle est contente. Elle se dit : "ouais, enfin une âme soeur, quelqu'un chez qui chaque chose n'est pas à sa place et qui ne passe pas chaque minute de son temps libre à remettre les choses en ordre !"
Et puis la fille vachement ordonnée, qui déteste les choses qui traînent et les miettes, et qui prend beaucoup de fierté à avoir une maison toujours nickel, ben elle, elle est d'autant plus fière quand elle sort de chez toi, parce que ça lui montre à quel point elle s'en sort mieux que toi.
Donc, au final, tout le monde est content. Taux de popularité de ta baraque : 100%
Alors que si t'as une maison nickel, ben la fille ordonnée elle kiffe ton intérieur, mais la fille bordélique elle en ressort toute complexée. Taux de popularité de ton intérieur : 50%.
Elle en jette, ma théorie, non ?
14 octobre 2009
L'aventure du Chien noir et blanc, Chapitre I
Il était une fois un chien noir et blanc, qui traînait tout le temps dans les jardins des autres et notamment dans celui des Grenouilles.
Il était une fois un chien noir et blanc qui passait beaucoup de temps dans un jardin en particulier que l’on présumait donc être le sien.
Il était une fois un tas de crottes de chien qui s’amassaient dans le caniveau devant le jardin des Grenouilles, parce que la Grenouille-Rosbif, patiemment, les retirait une à une de sa pelouse pour les y empiler.
Il était une fois un lourd, très lourd soupçon, qui pesait sur la tête du chien noir et blanc, lequel, promeneur solitaire, était en toute vraisemblance l’auteur du crime – bien que, on l’admettra volontiers, aucune preuve absolue n’existât contre lui.
Un jour que le Pouitch s’attardait à la fenêtre attendant son nouveau copain hongrois qui ne venait pas, il poussa un cri d’exclamation. « Ha ! » La Grenouille-Rosbif vit que ce « ha ! » signifiait que le Chien était de retour. Et de fait, elle le vit, assis là, tranquillement sur la pelouse de la voisine, qui jouxtait sans barrière ni séparation quelconque celle des Grenouilles.
La Grenouille-Rosbif mit la tête par la fenêtre et cria « oust ! ».
Le Chien ne bougea point.
La Grenouille-Rosbif sortit de sa maison en pantoufles et le chien déguerpit.
La Grenouille-Rosbif traversa la pelouse de l’autre voisin en pantoufles et le chien poursuivit sa course en faisant « kaï, kaï, kaï ».
La Grenouille-Rosbif fit un pas de plus, le chien se retrouva sur la pelouse tant aimée, et commença à grogner un peu tandis que la Grenouille-Rosbif le regardait avec le regard le plus noir dont elle était capable.
« Tu cesses de faire caca sur ma pelouse ou ça va barder ! » lui cria-t-elle. « Tu arrêtes ça tout de suite ! »
La Grenouille-Rosbif savait fort bien que le Chien ne comprenait pas un traître mot de ce qu’elle lui disait, mais elle espérait que le ton de sa voix lui intimerait quelque parcelle de la signification de ses propos.
La Grenouille-Rosbif grogna un peu, aussi, histoire de parler le langage du chien. Elle se doutait qu’elle avait sans doute un fort accent et se dit que cela enlevait probablement une part de crédibilité à ses paroles.
La Grenouille-Rosbif inspecta sa pelouse pour voir si par hasard une crotte fraîche s’y trouvait. Bingo !
La Grenouille-Rosbif n’étant pas experte en merdes de chien, elle ne pouvait pas dire avec certitude que la crotte fût de ce jour, mais elle était suffisamment fraîche pour qu’elle puisse soupçonner que ce fût bien le cas.
Elle entra dans son garage et prit une pelle.
Elle ramassa la crotte fraîche et, se sentant propulsée par l’énergie d’une Bree, d’une Gabrielle ou d’une Lynette (et peut-être d’une Susan, dans ses bons jours), se rendit à grands pas vers la maison protégée du Chien, celle qu’elle soupçonnait être celle de son maître.
La pelle emplit de crotte fraîche, elle sonna à la porte, pendant qu’un caniche jappait à l’intérieur et que le Chien noir et blanc se faisait la malle.
Personne ne répondit.
Le Chien revint, un peu plus téméraire désormais, et se mit à aboyer.
La Grenouille-Rosbif réfléchit un instant, puis déposa la crotte fraîche devant la porte de la maison.
Et s’en retourna, suivie par le Pouitch, qui commençait à craindre les aboiements dudit canin, en sa demeure.
En priant pour que ce fût bien la maison des propriétaires de l’accusé.
Dilemme de maman, 2
Vous essayez de dresser votre fiston afin qu’il ne coure jamais dans les couloirs de la crèche. C’est essentiellement valable pour le midi, quand les bébés dorment et qu’il ne faut pas les réveiller, mais pour faire simple, et pour vous assurez que la règle sera toujours respectée, vous dites qu’on ne doit pas courir dans les couloirs, point final. Ca s’applique aussi au matin.
Sur ces entrefaits, un matin à 9h, arrive un copain de votre fils qui court, court, court, vers la salle.
(votre Pouitch, qui marche sagement, se retourne d’ailleurs vers lui et lui dit : « no running ! ». Vous rougissez un peu.)
Dilemme de maman, 1
Vous êtes à l’aire de jeux.
Votre fils commence à monter au toboggan.
Vous lui dites que non, enfin, on descend le toboggan, mais on monte par les marches.
Et qu’il le sait fort bien.
Sur ces entrefaits arrive un autre gamin qui monte allègrement par le toboggan.


